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Mécanismes de réparation

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Mécanismes de règlement des griefs et de responsabilisation Accès à la justice et recours effectifs - Mécanismes étatiques

Mécanismes de règlement des griefs et de responsabilisation

Intro Mécanismes de règlement des griefs au niveau opérationnel (OLGM) Mécanismes transnationaux de médiation et de responsabilisation Médiation en Belgique Comment répondre aux attentes ?
Dans le cadre des Principes directeurs des Nations Unies, le terme « mécanismes de réclamation » désigne les options dont disposent les titulaires de droits, les personnes concernées ou les parties prenantes pour déposer des plaintes ou des litiges à l’encontre d’entreprises.

La présente section traite de trois types de mécanismes de règlement des griefs : les mécanismes de réclamation au niveau opérationnel (OLGM), élaborés par des entreprises ou des associations ; les mécanismes de médiation transnationale et les mécanismes de responsabilisation des banques d’investissement et de développement, mis en place par les États ou les institutions de financement du développement (IFD), et essentiels pour répondre aux préoccupations transfrontières liées aux droits humains ; ainsi que les mécanismes de médiation existant en Belgique susceptibles de recevoir ce type de plaintes. Une dernière section examine les attentes auxquelles les entreprises doivent répondre dans ce domaine.

Qu’est-ce qu’un mécanisme de règlement des griefs ?

Les objectifs de ces mécanismes sont les suivants :

  • permettre aux titulaires de droits et aux parties prenantes (y compris les communautés locales) de faire part de leurs préoccupations aux entreprises et de fournir un retour d’information en temps utile concernant les incidences négatives que les activités d’une entreprise peuvent avoir sur les droits humains ;
  • venir compléter le processus de diligence raisonnable en matière de droits humains ;
  • permettre à ces titulaires de droits et parties prenantes de demander réparation lorsqu’une incidence négative a déjà été causée.

Motifs normatifs

Les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme soulignent que les entreprises doivent s’employer à réparer, seules ou en coopération avec d’autres acteurs, les incidences négatives sur les droits humains qu’elles causent ou auxquelles elles contribuent (principe 22), et hiérarchiser leurs réponses en fonction de la gravité des impacts (principe 24). Par conséquent, les entreprises sont censées mettre en place ou participer à des mécanismes de réclamation efficaces (principes 28 à 30), garantissant que les titulaires de droits et parties prenantes affectées puissent exprimer leurs préoccupations et solliciter réparation. Le principe 31 définit des critères d’efficacité de ces mécanismes – tels que la légitimité, l’accessibilité et la transparence – qui en renforcent la crédibilité et l’impact.

Le guide interprétatif du HCDH (2024) clarifie davantage les attentes relatives aux mécanismes de réclamation liés aux entreprises et précise la portée des critères d’efficacité du principe 31. Les entreprises ont un rôle essentiel à jouer pour garantir que les personnes affectées par leurs activités puissent obtenir un recours effectif, en établissant un OLGM ou en collaborant avec des organismes externes.

Qu’est-ce qu’un recours ?

L’objectif premier d’un mécanisme de règlement des griefs est de fournir un recours effectif aux titulaires de droits et aux parties prenantes en cas d’incidences négatives sur les droits humains, ou de prévenir de telles incidences. Toutefois, la notion de « réparation » n’est pas définie de manière exhaustive. Les Principes directeurs des Nations Unies évoquent des recours tels que « des excuses, une restitution, un redressement, des indemnités financières ou autres et des sanctions (soit pénales, soit administratives, sous forme d’amendes par exemple) ». Un recours peut également inclure des mesures provisoires visant à éviter un préjudice irréparable, telles que des « injonctions ou des garanties de non-répétition ».

Motifs normatifs :

Les Principes fondamentaux et directives concernant le droit à un recours et à réparation des victimes de violations flagrantes du droit international relatif aux droits humains et de violations graves du droit international humanitaire, dits Principes Van Boven/Bassiouni, définissent la notion de recours. Ils éclairent l’usage de ce concept dans les PDNU et précisent la portée de ses composantes : « Accès égal et effectif à la justice », « Réparation adéquate, effective et rapide du préjudice subi » et « Accès aux informations pertinentes concernant les violations et les mécanismes de réparation ». Le guide interprétatif du HCDH sur l’accès à un recours en cas d’abus liés aux entreprises (2024) s’appuie sur ces principes pour définir ce qui constitue un recours conforme aux normes internationales.

L’issue d’une plainte devrait en principe donner lieu à un recours effectif. Toutefois, cela dépend du type de réparation demandé, du contexte, du droit violé et de la gravité de l’impact négatif et/ou du dommage. Les titulaires de droits ne sont pas toujours conscients de leurs droits, car les griefs ne sont pas nécessairement formulés en termes de droits humains – les OLGM pouvant recevoir des plaintes d’une autre nature. Certains risques peuvent également ne pas être directement liés à un droit spécifique, mais, s’ils ne sont pas traités, peuvent conduire à des atteintes aux droits humains. L’efficacité d’un recours dépend à la fois de sa possibilité concrète et de la satisfaction des victimes.

Ainsi, les mécanismes offrant la satisfaction la plus complète sont les plus efficaces. Lorsqu’aucune réparation ou restitution n’est possible, l’indemnisation constitue un recours effectif. Elle peut prendre la forme d’une compensation financière ou d’une réparation au sens large (ou même d’une « satisfaction équitable », au sens de l’article 41 de la CEDH). L’indemnisation est un recours efficace si elle permet une réadaptation physique, psychologique et sociale. La principale difficulté réside dans la quantification des dommages immatériels tels que la souffrance, la détresse ou l’atteinte à la dignité ou à la réputation.

Conformément à l’objectif de garantir, si possible, une « réparation adéquate, effective et rapide », le recours prévu par les mécanismes de réclamation devrait être aligné sur les normes internationales. Il peut donc consister en :

  • restitution ou réparation ;
  • compensation proportionnelle à la gravité de la violation et du préjudice (corporel, matériel ou moral) ou réhabilitation ;
  • cessation de l’incidence négative ;
  • divulgation de la vérité (lorsqu’elle ne porte pas préjudice à la victime ou à d’autres parties prenantes) ;
  • restauration de la dignité, de la réputation et des droits de la victime ;
  • excuses publiques et, le cas échéant, reconnaissance de responsabilité ;
  • sanctions des auteurs et notification à l’État si nécessaire ;
  • garanties de non-répétition (y compris des mesures préventives, par exemple dans les codes de conduite) ;
  • mesures visant à dissuader durablement les comportements abusifs.

Le rôle central des parties prenantes

La consultation des parties prenantes constitue un élément essentiel du processus de diligence raisonnable, y compris dans la mise en œuvre des mécanismes de réclamation. Les parties prenantes jouent un rôle central dans la réussite des OLGM, car elles ont un intérêt direct à la prévention et au traitement des incidences négatives. Elles peuvent également contribuer à l’identification de solutions adaptées aux populations vulnérables et disposer d’informations précieuses sur les activités d’organisations publiques ou privées susceptibles de générer des atteintes aux droits humains. Leur participation est donc encouragée par les organisations internationales et les initiatives multipartites, afin d’inciter – voire de demander – aux États et aux entreprises de tenir compte de leurs points de vue lorsqu’ils réglementent, autorisent ou exercent des activités à risque. Pour des orientations pratiques, voir l’outil 8.

Pertinence des mécanismes de règlement des griefs ?

Les mécanismes de règlement des griefs, y compris la médiation au niveau opérationnel, national et transnational, et les mécanismes de responsabilisation – constituent des compléments essentiels à la diligence raisonnable et aux analyses d’impact. Alors que ces dernières visent à prévenir les incidences négatives sur les droits humains et l’environnement, les mécanismes de réclamation fournissent un moyen pratique d’identifier, de traiter et de remédier à ces incidences lorsqu’elles se produisent ou risquent de se produire. Les Principes directeurs des Nations Unies (principe 29) encouragent leur utilisation car ils peuvent fournir aux titulaires de droits et aux parties prenantes concernés des solutions rapides et concrètes. Les États et les entreprises peuvent également s’appuyer sur les résultats de ces mécanismes pour renforcer leurs initiatives préventives et correctives.

Les mécanismes de règlement des griefs aident les entreprises à gérer les risques, à instaurer la confiance entre leurs parties prenantes et à s’aligner sur les normes nationales, européennes et internationales en matière de droits humains. Les entreprises qui abordent de manière proactive les questions relatives aux droits humains et offrent des recours effectifs peuvent préserver leur licence sociale d’exploitation, éviter des différends coûteux et réduire le risque de litige, répondant ainsi aux attentes des investisseurs et des régulateurs. Pour les titulaires de droits et les parties prenantes, les mécanismes de réclamation peuvent être plus avantageux que les mécanismes étatiques, car ils permettent d’identifier, de signaler et de traiter les problèmes ou risques liés aux entreprises dès leur apparition – c’est-à-dire en amont, avant qu’ils ne s’aggravent.

Les plaintes n’ont pas besoin d’alléguer une violation formelle des droits humains ; elles peuvent également mettre en lumière des risques qui, s’ils ne sont pas pris en compte, pourraient conduire à de telles violations. Les mécanismes de réclamation sont donc essentiels, en particulier dans les contextes où les systèmes judiciaires formels sont inaccessibles ou inefficaces, ou lorsque l’impact peut être évité ou qu’un recours est urgent. Plus important encore, ces mécanismes sont moins formels et plus flexibles que les mécanismes étatiques, ce qui les rend plus réactifs aux besoins des titulaires de droits et des parties prenantes, notamment lorsque les formalités juridiques constituent un obstacle à l’utilisation des systèmes étatiques.

Bien que les mécanismes étatiques restent indispensables pour obtenir un recours exécutoire, les mécanismes de réclamation peuvent faciliter l’accès à la justice en préparant et en accompagnant les titulaires de droits et les parties prenantes tout au long du processus, en apportant des solutions rapides lorsque l’intervention de l’État n’est pas nécessaire ou en nourrissant l’action publique grâce aux éléments et informations recueillis dans le cadre du processus de réclamation.

1

Mécanismes de règlement des griefs au niveau opérationnel (OLGM)

2

Mécanismes transnationaux de médiation et de responsabilisation

3

Médiation en Belgique

4

Comment répondre aux attentes ?

Mécanismes opérationnels de règlement des griefs (OLGM)

Un mécanisme de traitement des plaintes au niveau opérationnel est défini comme un moyen formalisé par lequel des individus ou des collectivités peuvent faire part de leurs préoccupations quant aux incidences négatives résultant des activités d’une entreprise – y compris, mais pas exclusivement, sur leurs droits humains – et peuvent demander réparation (Principes directeurs des Nations Unies, principe 29).

Les OLGM sont principalement des mécanismes volontaires et font partie intégrante du processus de diligence raisonnable en matière de durabilité des entreprises. Ils sont essentiels pour identifier les incidences négatives sur les droits humains et l'environnement avec la participation des communautés locales, des titulaires de droits et des parties prenantes. Ils complètent les enquêtes de l'entreprise et informent la direction de toute incidence négative qui n'aurait pas été identifiée dans l'analyse d'impact ex ante réalisée par l'entreprise et ses partenaires commerciaux. Les OLGM complètent également les systèmes de reporting, puisque les retours des titulaires de droits et des parties prenantes peuvent aider à identifier les risques et faciliter la mise en œuvre de solutions sur mesure. En outre, ils établissent des canaux durables permettant d’assurer un engagement significatif des parties prenantes.

La nature et la structure des OLGM peuvent varier, car toute organisation peut créer son propre mécanisme ou participer à des initiatives collaboratives d'un secteur ou groupe d’intervenants spécifique. En général, la taille et la structure de l'entreprise détermineront la forme de l'OLGM. Les grandes organisations sont censées créer leurs propres mécanismes de réclamation. Les petites et moyennes organisations peuvent mettre en place un mécanisme unique et général ou participer à un OLGM mis en œuvre par une association plus large regroupant des organisations aux activités similaires dans un même secteur. Elles peuvent également participer à un OLGM piloté par une initiative multipartite ou par d'autres acteurs, tels que des banques d'investissement, dès lors que celui-ci permet l'identification précoce et la réparation des incidences négatives. Voir également la section Comment répondre aux attentes ?.

OLGM obligatoires

À ce jour, la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (Directive (UE) 2024/1760, CSDDD, art. 14) impose aux entreprises concernées d’établir un mécanisme d’alerte et une procédure de plainte permettant de traiter les préoccupations légitimes concernant les incidences négatives réelles ou potentielles liées à leurs activités. Le préambule relie cette obligation aux Principes directeurs des Nations Unies (principe 31). L’engagement significatif des parties prenantes – aspect proactif des OLGM – est également prévu à l’article 13 de la CSDDD.

Quelques orientations supplémentaires :

  • Accès aux recours en cas de violation des droits de la personne liée aux affaires : Guide pratique pour les mécanismes de règlement des griefs non étatiques, 2024
  • 10 étapes pour mettre en place un mécanisme de retour d’information efficace : Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
  • Faire des affaires dans le respect des droits de l’homme : chapitre 3.8 « Mécanismes de réparation et de traitement des plaintes : alerte précoce, solutions efficaces » du Global Perspectives Project du Global Compact Network Netherlands, d’Oxfam et de Shift.
  • Guide de référence des mécanismes de plainte pour les bonnes pratiques (2016), Transparency International.
  • Initiative d’orientation compatible avec les droits : un outil d’orientation pour les entreprises et leurs parties prenantes (2008), issu de l’initiative RSE de la John F. Kennedy School of Government de l’Université Harvard.
  • « La réparation, les mécanismes de réclamation et la responsabilité des entreprises de respecter les droits de l’homme » (2014) de Shift, qui cartographie « la place d’un mécanisme de réclamation au sein des organisations ou aux côtés des chaînes de valeur ».

Mécanismes transnationaux de médiation et de responsabilisation

Bien que les mécanismes nationaux soient essentiels pour garantir l’accès au recours, il est également important d’assurer l’accès aux voies de recours transnationales ou transfrontières lorsque des activités de la chaîne de valeur sont impliquées.

Motifs normatifs

Le guide interprétatif du HCDH (2024) sur l’accès aux voies de recours en cas d’atteintes aux droits humains liées aux entreprises utilise le terme de « cas transfrontière », qui se produit lorsqu’une situation entraîne une incidence négative présumée sur les droits humains liée aux entreprises impliquant des faits, des acteurs ou des éléments de preuve situés dans plus d’un État. Par conséquent, les États doivent aller au-delà des impacts qui se produisent sur leur territoire et examiner la portée de leur « juridiction » en droit international. En droit humain, cela signifie déterminer où et pour qui les États ont l'obligation légale de protéger ces droits et l'environnement. La compétence présente deux dimensions : l’une obligatoire – lorsque l’État doit agir pour protéger des droits – et l’autre facultative – lorsqu’il peut choisir d’agir. Les Principes directeurs des Nations Unies (principe 25) se concentrent sur la dimension obligatoire, en veillant à ce que les États garantissent un accès à la justice et aux recours aux individus dont les droits sont lésés.

Si aucun accord n’est atteint par un OLGM, les titulaires de droits, les parties prenantes et les entreprises peuvent tenter de parvenir conjointement à un accord avec l’intervention de médiateurs ou collaborer avec les organes étatiques pour trouver une solution via un mécanisme étatique. Les parties peuvent désigner un expert externe ou un organe de médiation. Pour les affaires transfrontières, les mécanismes suivants peuvent prévoir des mesures préventives ou un recours lorsque l’incidence négative s’est déjà matérialisée.

Points de contact nationaux (PCN) de l'OCDE pour une conduite responsable des entreprises

Les Points de contact nationaux (PCN) pour une conduite responsable des entreprises de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) encouragent les entreprises opérant dans les chaînes de valeur mondiales à s’aligner sur les Principes directeurs de l’OCDE pour une conduite responsable des entreprises. Ils traitent également les plaintes (appelées « circonstances spécifiques ») liées aux cas d’inobservation alléguée de ces Principes directeurs. Pour les entreprises, les PCN offrent une occasion unique de résoudre les différends par le dialogue et la médiation plutôt que par des litiges. S'engager de manière constructive avec les PCN peut aider les entreprises à répondre rapidement aux préoccupations en matière de droits humains ou d'environnement, à démontrer leur responsabilité et à éviter des atteintes à leur réputation. En outre, les entreprises qui coopèrent avec les PCN se conforment aux normes internationales, ce qui peut renforcer la confiance des investisseurs et des parties prenantes. Le recours au PCN est généralement subsidiaire par rapport à l'OLGM existant de l'entreprise concernée, parce que ce dernier n'a pas permis de résoudre le différend ou parce que les parties préfèrent la médiation du PCN de l'OCDE. La plainte peut être déposée contre une ou plusieurs entreprises qui peuvent avoir contribué à l'impact négatif.

Motifs normatifs

La partie II des Principes directeurs de l’OCDE pour une conduite responsable des entreprises (2023) renvoie aux procédures de mise en œuvre, dans lesquelles les PCN jouent un rôle central. Dans le cadre des atteintes aux droits humains liées aux entreprises, le guide interprétatif du HCDH en matière de mécanismes non judiciaires (2024) recommande le recours à la médiation par un tiers, assurée par les PCN de l’OCDE. Les PCN sont des offices soutenus par le gouvernement et établis par les pays adhérant aux Principes directeurs de l'OCDE. Les Principes directeurs permettent aux gouvernements d’organiser leur PCN comme ils l’entendent, mais exigent que tous les PCN répondent à sept critères fondamentaux d'efficacité : être visibles, accessibles, transparents, responsables, impartiaux et équitables, prévisibles et compatibles avec les Principes directeurs.

Conditions de saisine des PCN :

  • L'entreprise doit avoir son siège dans l'un des 52 pays adhérant aux Principes directeurs, ou l'impact négatif doit se produire dans un pays qui y adhère.
  • La plainte peut être déposée avant, pendant ou après la survenance de l’impact présumé. Des procédures parallèles – lorsque l’affaire est déjà en cours d’examen dans une autre instance – sont possibles.
  • La plainte doit se rapporter à des cas d’inobservation alléguée des Principes directeurs de l’OCDE par une entreprise.
  • Le PCN n’examine qu’une plainte émanant d’une partie prenante.

En Belgique, l’abus allégué doit avoir été commis soit sur le territoire belge, soit dans un pays tiers, pour autant que l’entreprise ait son siège en Belgique. La plainte doit être soumise au Secrétariat de l'OCDE du Service public fédéral (SPF) Économie. Pour plus d'informations, suivez ce lien.

Résultat : Le PCN assure la médiation entre l'entreprise et les titulaires de droits ou parties prenantes (par exemple, syndicats ou ONG). Il peut publier une déclaration décrivant ses constatations et l’issue de la médiation. Cette déclaration n'est pas contraignante, mais peut être accompagnée de recommandations, et faire l’objet d’un suivi de leur mise en œuvre.

OECD Watch, un réseau mondial d’ONG qui surveille la manière dont les Principes directeurs de l’OCDE sont mis en œuvre et la manière dont les PCN traitent les plaintes, a développé le site web « Introduire des plaintes au titre des Principes directeurs de l’OCDE », contenant toutes les informations sur les PCN de l’OCDE, y compris un guide détaillé à l’intention des titulaires de droits et des parties prenantes afin de déterminer s’ils peuvent déposer une plainte, ainsi que les démarches nécessaires à cette fin.

Mécanismes de responsabilisation des institutions de financement du développement

Les institutions de financement du développement (IFD) sont de plus en plus appelées à évaluer les impacts sociaux et environnementaux des projets qu'elles financent et à y réagir. En intégrant les normes relatives aux droits humains et à l'environnement dans leurs évaluations de projets et mécanismes de plainte, elles renforcent la responsabilisation des entreprises et la qualité des investissements.

Le réseau des mécanismes indépendants de responsabilisation (IAMnet) est un partenariat mondial visant à renforcer la responsabilisation et la conformité au sein des IFD. Actuellement, 23 mécanismes de responsabilisation de membres du réseau soutiennent la gouvernance d'entreprises en matière d’impacts sociaux et environnementaux liés aux projets de développement. Pour adhérer à IAMnet, un mécanisme doit :

  • être un mécanisme de plainte et de réponse axé sur les citoyens ;
  • opérer au niveau international ;
  • relever d’une institution publique finançant des activités de développement ;
  • être opérationnellement indépendant ;
  • tenir compte des incidences et préoccupations sociales et environnementales.

Au niveau international, les titulaires de droits et les parties prenantes peuvent déclencher des mécanismes de responsabilisation pour évaluer si les projets financés par la Banque mondiale ont affecté les communautés ou l'environnement :

  • le Service de règlement des griefs (SRG) ;
  • le panel d’inspection de la Banque mondiale, disponible pour les projets financés par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA) ;
  • le Bureau du Conseiller-médiateur pour la conformité (CAO), qui constitue le mécanisme de responsabilisation pour les projets financés par la Société financière internationale (SFI).

Les IFD régionales disposent également d'un mécanisme de plainte. Pour l’Europe, deux mécanismes sont à la disposition des titulaires de droits et des parties prenantes pour les projets qu’elles financent :

  • Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), mécanisme indépendant de responsabilisation des projets (IPAM) ;
  • Banque européenne d'investissement (BEI), mécanisme de traitement des plaintes (MTB-BEI).

En Belgique, la BIO dispose d’un mécanisme similaire, recevant plaintes et demandes de réparation liées à ses projets. BIO n'est toutefois pas encore membre du réseau IAMnet. Vous trouverez de plus amples informations ici.

Résultat : les mécanismes de responsabilisation des IFD ne fournissent pas directement d’indemnisation. Leur rôle consiste à examiner les risques soulevés par les titulaires de droits et les autres parties prenantes, ainsi que les situations de non-alignement avec les attentes en matière de devoir de diligence, sur la base des retours d’information reçus. Ils recommandent aux entreprises de mettre en œuvre des procédures de diligence raisonnable pour identifier et traiter leurs impacts réels ou potentiels sur les droits humains et l'environnement. Ils agissent également en tant que médiateurs, aidant les entreprises et les communautés à trouver des solutions aux incidences négatives sur les droits humains et l’environnement. Si ces mesures sont inadéquates ou si aucune mesure de réparation n'est prise, les IFD peuvent retirer leur soutien financier.

Lignes directrices sur les mécanismes de responsabilisation :

  • Boîte à outils sur le mécanisme de règlement des griefs du CAO (2012)
  • Liste de contrôle du mécanisme de règlement des griefs – Banque mondiale (2023)
  • Boîte à outils de la SFI et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) de la Banque mondiale.
  • La page du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) consacrée aux mécanismes de réclamation guide les entreprises dans la conception de ces mécanismes ou dans la compréhension du fonctionnement de ceux des IFD.
Le Médiateur européen

Le Médiateur européen enquête sur les plaintes pour mauvaise administration – y compris les violations des droits humains – déposées contre des institutions ou organes de l’UE, y compris la Banque européenne d’investissement.

Motifs normatifs

Les fondements normatifs des actions du Médiateur européen sont le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE, articles 20, 24 et 228) et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (article 43).

Les plaintes déposées devant le Médiateur européen doivent répondre à certaines conditions :

  • le demandeur doit être un citoyen ou un résident de l'UE, ou une personne morale établie dans un État membre ;
  • l’abus allégué doit relever d’un cas de mauvaise administration d’une institution ou d’un organe de l’UE (à l’exclusion de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) lorsqu’elle agit dans l’exercice de ses fonctions juridictionnelles).

Résultat : le Médiateur européen vise à remédier aux situations et à prévenir les abus futurs, mais ne peut pas indemniser les victimes. Plus d'informations ici.

Médiation en Belgique

Au niveau national, la médiation est un mécanisme de règlement extrajudiciaire des litiges (REL) qui permet de résoudre des différends sans recourir à une procédure judiciaire. Cela peut offrir des solutions plus rapides et moins coûteuses. En Belgique, la médiation peut être proposée par les parties ou par un juge dans le cadre d'une procédure judiciaire. Les titulaires de droits ou les parties prenantes qui démontrent un intérêt à représenter les personnes ou communautés concernées, et qui ont qualité pour agir dans les procédures judiciaires correspondantes peuvent proposer une médiation.

Le résultat de la médiation peut prendre la forme d'un règlement amiable, lequel, conclu devant un médiateur agréé et approuvé par un juge, devient un jugement authentique et exécutoire. Le règlement peut prévoir une réparation des actes abusifs, une compensation financière ou la cessation de l'abus. Lorsque l'une des parties ne respecte pas le règlement, son exécution nécessite le recours à des mécanismes judiciaires. La médiation est possible dans les domaines suivants :

Litiges civils et commerciaux

Pour davantage d’informations, veuillez consulter ce site.

Affaires pénales

Dans les affaires pénales, la médiation peut avoir lieu devant le procureur du Roi afin de rechercher la réparation des dommages moraux et matériels.

Médiateurs / Ombudsmen

Un médiateur peut recevoir des plaintes fondées contre les autorités administratives, puis tenter de servir de médiateur avec l’autorité concernée pour corriger la situation et/ou prévenir les dysfonctionnements récurrents.

  • L'Ombudsman fédéral peut intervenir dans les conflits avec les administrations fédérales.
  • Au niveau infranational, une médiation peut être demandée auprès du médiateur flamand, du Médiateur de la Région wallonne, du médiateur de la Communauté française et du médiateur de la Communauté germanophone pour les questions relatives à ces niveaux de gouvernement.
  • En cas d’atteintes aux droits des enfants, le Bureau flamand des droits de l'enfant et le Délégué général de la Communauté française aux droits de l’enfant assurent la médiation.
  • Les communautés et certaines entreprises publiques autonomes disposent également de leurs propres médiateurs. Un aperçu est disponible ici.

Conditions pour saisir un médiateur :

  • La plainte doit d'abord être introduite auprès de l'autorité administrative concernée. Celle-ci doit avoir rejeté la plainte, totalement ou partiellement, ou être restée sans réponse.
  • La plainte ne peut pas déjà avoir été traitée par le médiateur.
  • La plainte ne peut pas être anonyme ni porter sur des litiges entre personnes privées.
  • Au niveau fédéral, la plainte doit être introduite dans l’année suivant la connaissance de l’acte ou de l’omission de l’autorité (les délais peuvent différer au niveau infranational).

Résultat : les médiateurs peuvent signaler la plainte et formuler des recommandations pour éviter la répétition des problèmes, mais ils ne peuvent pas proposer de solutions contraignantes. La procédure suspend le délai de recours contre une décision administrative devant le Conseil d’État ou d’autres juridictions.

Médiation en matière de discrimination

Une médiation peut également être sollicitée en cas d’actes discriminatoires liés aux entreprises. Ces institutions promeuvent activement des solutions visant à prévenir de futures discriminations, notamment par le biais de recommandations politiques. Les titulaires de droits ou parties prenantes représentant des victimes ou luttant contre des cas systématiques de discrimination peuvent demander leur soutien. Trois institutions interviennent dans ces affaires :

  • Le Centre interfédéral pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et la discrimination (UNIA)
  • L’Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IGVM-IEFH)
  • L’Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains (IFDH)

Résultat : les titulaires de droits ou les parties prenantes peuvent parvenir à un règlement prévoyant une réparation, une indemnisation et/ou la cessation de la discrimination. Ces institutions peuvent également soutenir des actions judiciaires lorsqu’un dossier présente un intérêt sociétal majeur comme précédent juridique, ou lorsqu’il s’agit d’un cas grave (par exemple, un crime de haine flagrant). Cette étape n’a lieu qu’après épuisement de la médiation.

Protection des consommateurs

Les consommateurs peuvent introduire des réclamations individuelles ou collectives pour rechercher un règlement lié à une violation de leurs droits. Ils bénéficient d’une protection étendue en Belgique et au niveau européen, et peuvent recourir aux actions de groupe. Si la violation constitue une infraction pénale, elle est signalée au parquet.

Conditions :

  • Le demandeur doit être un consommateur (ou son représentant).
  • Seuls les droits reconnus comme droits des consommateurs peuvent être invoqués.
  • Le délai de prescription pour saisir les tribunaux est suspendu pendant le traitement de la plainte.
  • L'entreprise doit être informée de la réclamation avant toute action afin de tenter une résolution amiable.
  • La plainte ne peut pas avoir déjà été déposée devant un tribunal.
  • Elle ne peut reposer sur les mêmes faits qu'une plainte antérieure déclarée non fondée en fait ou en droit par les autorités compétentes.

Comment répondre aux attentes ?

Les Principes directeurs des Nations Unies en matière d’entreprises et de droits de l’homme recommandent la mise en place de mécanismes de suivi conjoints composés de représentants des entreprises, des titulaires de droits et des parties prenantes, afin de garantir une plus grande transparence et de renforcer la confiance. Les grandes entreprises, les banques d'investissement ou d'autres organisations opérant à l'échelle transnationale sont censées mettre en œuvre leurs propres mécanismes de réclamation. Les PME peuvent développer des mécanismes plus simples ou participer à des mécanismes mis à disposition par des organisations externes. De manière générale, les entreprises peuvent également recourir à des mécanismes créés par des initiatives multipartites ou par les mécanismes de responsabilisation des institutions de financement, en particulier lorsque leur activité est complexe ou implique des organisations publiques et privées. Si les entreprises ne disposent pas de leur propre mécanisme de plainte, il est attendu qu’elles coopèrent au processus de réparation. Des indicateurs ont été conçus pour mesurer l'efficacité de ces mécanismes, notamment leur accessibilité, la réceptivité de l'entreprise impliquée et le niveau de confiance que les titulaires de droits ou les parties prenantes peuvent leur accorder.

Motifs normatifs

Les Principes directeurs des Nations Unies (principe 31) recommandent que les mécanismes de règlement des griefs opérationnels non judiciaires soient :

  • légitimes – dignes de confiance et garants d’un déroulement équitable des processus ;
  • accessibles à tous les titulaires de droits et à toutes les parties prenantes susceptibles de les utiliser ;
  • prévisibles – fournissant des informations claires sur la procédure, les calendriers indicatifs, les résultats escomptés et les mécanismes de suivi ;
  • équitables et transparents – offrant un accès raisonnable à l’information, aux conseils et à l’expertise ;
  • compatibles avec l’intérêt public et les droits, c’est-à-dire conformes aux droits humains internationalement reconnus ;
  • constructifs et capables d'influencer les politiques, afin de prévenir de futurs abus. L'analyse de la fréquence, des tendances et des causes des griefs permet d’élaborer de nouvelles politiques visant à assurer la non-répétition.

Pour plus de détails, voir le guide interprétatif du HCDH (2024) sur l’accès aux voies de recours en cas d’atteintes aux droits humains liées aux entreprises.

Éléments

Pour être efficace, le mécanisme de règlement des griefs doit comporter les éléments suivants :

  • Un mécanisme de suivi conjoint incluant représentants des entreprises, titulaires de droits et parties prenantes, afin de garantir transparence et confiance.
  • Un canal de participation des parties prenantes, inscrit dans les codes de conduite. Lorsque les titulaires de droits et les parties prenantes sont divers, ce canal doit prévoir des procédures adaptées.
  • Une méthodologie pour identifier les griefs avant qu'un impact négatif ne survienne, et pour traiter les plaintes internes et externes incluant les partenaires dans la chaîne de valeur.
  • Un processus impliquant tous les niveaux de gestion, avec un système de contrôle et de supervision.
  • Une méthode de traitement des retours d’information, garantissant l’accès aux informations pertinentes et l’adoption de mesures préventives ou correctives intégrées dans l’évaluation des risques de l’entreprise.
  • Une garantie d’accès au recours, proportionnelle au préjudice. Comme les victimes ne sont pas toujours en mesure de demander réparation, le mécanisme doit permettre à toute partie prenante de le faire en leur nom.
  • Un mécanisme de renforcement des capacités pour identifier les préoccupations des femmes et des groupes vulnérables.
  • Un mécanisme de consultation publique sur le règlement conclu, assorti de garanties pour protéger les informations confidentielles.
  • Un mécanisme d'information des autorités compétentes sur les plaintes.
  • Un système d'alerte destiné à prévenir tout conflit d'intérêts ou risque de représailles envers le plaignant.

Résultats des mécanismes de réclamation dans les procédures de passation des marchés publics :

À ce jour, aucune norme contraignante n'oblige les autorités à tenir compte des résultats des mécanismes de réclamation. Toutefois, dans les procédures de marchés publics, certaines exigences de durabilité liées à la participation et à l’attribution peuvent inclure les résultats des mécanismes de règlement des griefs, y compris la médiation des PCN ou des mécanismes de responsabilisation. Pour la Belgique, voir la loi du 17 juin 2016 (article 7 et annexe II).

Conditions et précautions

Certains points d'attention importants sont essentiels pour un mécanisme efficace :

  • Réduire ou éliminer les obstacles empêchant les titulaires de droits ou les parties prenantes de demander réparation : obstacles financiers, exigences formelles (techniques et juridiques), barrières linguistiques.
  • Traiter les préoccupations relatives aux droits humains sans exiger la preuve d’une violation de la loi.
  • Ne pas entraver l’accès à des recours étatiques. Ainsi, les mécanismes volontaires ne doivent pas :
  • empêcher d'intenter une action en justice si l'accord viole le droit relatif aux droits humains ;
  • provoquer un retard injustifié lorsqu’une procédure judiciaire est nécessaire ;
  • générer des coûts excessifs pour les parties ;
  • entraver les mesures provisoires nécessaires.
Intégration des mécanismes de réclamation dans la gestion de la chaîne de valeur

Les Principes directeurs des Nations Unies recommandent la mise en place de mécanismes généraux visant à faciliter le suivi ainsi qu’à garantir des réponses efficaces aux incidences négatives générales. Les acteurs suivants peuvent assumer cette tâche :

  • Ressources humaines et syndicats pour les plaintes internes liées au personnel ;
  • Relations extérieures pour les plaintes externes des parties prenantes affectées ;
  • Services juridiques et conformité pour évaluer les manquements et traiter les plaintes internes et externes, et examiner les possibilités de recours sans recourir aux mécanismes étatiques ;
  • Service clientèle pour les plaintes externes des consommateurs ou des partenaires ;
  • Direction générale pour traiter les griefs majeurs, adapter les mécanismes et en surveiller l’efficacité ;
  • Gestion de la chaîne d’approvisionnement pour traiter les griefs des partenaires et évaluer les liens avec les incidences négatives potentielles sur les droits humains.

Le guide interprétatif du HCDH (2024) sur l’accès aux voies de recours en cas d’atteintes aux droits humains liées aux entreprises ajoute des points importants à prendre en considération du point de vue juridique, commercial et de la réputation :

  • Quel système de prise de décision est utilisé pour accepter les membres de l'OLGM ?
  • Comment garantir que les entreprises participantes respecteront les décisions prises ?
  • Comment traiter les entreprises non conformes ?
  • Quelles restrictions légales encadrent la collaboration possible ?
  • Comment protéger les informations confidentielles ou sensibles sur le plan commercial ?

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