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Que faut-il attendre des entreprises?

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Cadre réglementaire international, régional et national Champ d'application et obligations de l'entreprise États qui collaborent avec des organisations privées Secteurs et domaines à haut risque

États qui collaborent avec des organisations privées

Introduction L'État en tant qu'acteur économique Entreprises publiques Intervention de l'État
Cette section traite du lien entre l'État et les entreprises, qui couvre les principaux aspects des obligations de l'État en matière de droits humains lorsqu'il interagit avec des acteurs économiques. Elle inclut également les mécanismes mis en place par l'État pour veiller à ce que les organisations privées respectent et protègent les droits humains sur leur territoire, ainsi que pour garantir que les organisations issues d'États membres de l'UE actives à l'étranger respectent les droits humains partout où elles exercent des activités.

Les États membres de l'UE sont tenus de réglementer les obligations des organisations publiques et privées en matière de droits humains, ainsi que les activités qui présentent des risques en la matière sur leur territoire ou sous leur juridiction. Ils doivent également évaluer l'efficacité de ces règlementations et combler les lacunes identifiées.

1

L'État en tant qu'acteur économique

2

Entreprises publiques

3

Intervention de l'État

Bien que les États ne puissent pas contrôler les activités menées dans d'autres États, ils sont censés mettre en place des mécanismes garantissant que les organisations ayant leur siège sur leur territoire respectent les droits humains à l'étranger, en particulier lorsqu'il s'agit d'organisations publiques ou d'organisations privées bénéficiant d'un soutien public.

Les États membres de l'UE ne sont pas automatiquement responsables des incidences négatives sur les droits humains causées par des organisations privées ; toutefois, s'ils ne prennent pas de mesures concrètes pour prévenir, enquêter, sanctionner et réparer ces incidences négatives, leur responsabilité peut être engagée. L'État doit également informer et soutenir les organisations dans leur mise en conformité avec les normes en matière de droits humains. En cas d'impact négatif, il doit enquêter, sanctionner et réparer toute violation des droits humains.

Cette section est structurée conformément aux principes 4, 5 et 6 des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme (Principes directeurs des Nations unies) en trois parties :

  1. Les outils relatifs à l'État lorsqu'il intervient dans l'économie. Ces activités incluent les marchés publics, les processus de privatisation, les partenariats public-privé (PPP) et les contrats de concession.
  2. Les outils adressés à l'État lorsqu'il crée des entreprises publiques (entreprises d'État). L'État doit veiller à ce que les activités des entités qu'il possède ou contrôle respectent les normes relatives aux droits humains.
  3. Les outils relatifs à l'État lorsqu'il accorde des incitations économiques à des organisations privées Ces incitations peuvent inclure des labels préférentiels, des crédits préférentiels et des assurances pour des activités dans des pays tiers, des subventions, des licences, etc. L'État est censé assurer une surveillance adéquate et mettre en place des mécanismes permettant d'éviter que les bénéficiaires de ces incitations ne génèrent des incidences négatives sur les droits humains par le biais de leurs activités.

Certains des mécanismes utilisés par l'État pour identifier les risques, contrôler la conformité ou remédier aux défaillances ou aux lacunes sont énumérés ci-dessous de manière non exhaustive.

Outils utiles:

  • Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme (Nations unies 2011)
En savoir plus sur le cadre juridique des obligations de l'État en matière de droits humains

Les traités internationaux relatifs aux droits humains sont contraignants pour les États parties, et les droits qu'ils protègent sont universels, indivisibles, et interdépendants. Lorsque la Belgique ratifie ces traités, elle s'engage à prendre des mesures appropriées de nature législative, judiciaire, administrative ou autre pour garantir l'exercice des droits spécifiés pour toutes les personnes relevant de sa compétence.

En conséquence, la Belgique doit protéger les droits humains contre les actes ou omissions de ses propres agents, ainsi que contre les actes ou omissions préjudiciables perpétrés par des organisations et des personnes privées. Elle doit donc réglementer ses propres activités et celles menées par des organisations privées relevant de sa juridiction.

La Belgique est responsable si ses agents ont des répercussions négatives sur les droits humains. Elle est également responsable si elle n'utilise pas les outils de réglementation et d'application pour empêcher les organisations privées relevant de sa juridiction d'avoir des incidences négatives sur les droits humains.

L'État est le principal responsable de l'obligation de respecter, de protéger et de réaliser les droits humains de toutes les personnes relevant de sa juridiction. Il a des obligations concrètes découlant des règles et normes internationales et nationales. Par conséquent, l'État doit prendre les mesures nécessaires pour empêcher que les actions ou omissions de ses agents, ou d'organisations et de personnes privées, n'aient des répercussions négatives sur les droits humains. Ces obligations peuvent se concrétiser par des actions politiques, législatives, administratives ou juridictionnelles.

Obligations de l'État à l'égard de ses propres entités et agents

  • Veiller à ce qu'ils connaissent et respectent les obligations de l'État en matière de droits humains lorsqu'ils exercent leurs propres activités en les informant, en les formant et en les soutenant en permanence.
  • Vérifier que ses politiques, dispositifs et accords n'ont pas d'incidence négative sur les droits humains. Si nécessaire, l'État devrait demander et réaliser des analyses d'impact sur les droits humains afin d'identifier les conflits réels ou potentiels entre ces politiques et accords, d'une part, et le droit international des droits humains, d'autre part. Si l'analyse d'impact met en évidence un risque d'incidences négatives sur les droits humains, l'État devrait prendre les mesures nécessaires pour y remédier.
  • Adopter des mesures législatives, administratives ou judiciaires pour protéger les droits humains et prévoir des recours effectifs, et n'offrir des incitations économiques ou ne conclure des accords avec des organisations privées que si celles-ci s'alignent sur les responsabilités en matière de droits humains.
  • Révoquer les licences, les subventions, les assurances, incitations économiques, marchés publics, crédits à l'exportation et autres formes de soutien de l'État lorsqu'il est démontré qu'ils sont liés à des violations des droits humains.
  • Combler, le cas échéant, les lacunes en matière de conformité et d'information.
  • Lutte contre la corruption.
  • Faire respecter les droits humains dans les PPP et les processus de privatisation, en garantissant la couverture universelle, la continuité et l'accessibilité financière du service, ainsi que la participation des utilisateurs.
  • Protéger les droits de propriété intellectuelle sans porter atteinte à d'autres droits humains, tels que le droit de bénéficier des progrès scientifiques, l'accès aux médicaments essentiels ou aux ressources productives; ou encore le droit des peuples autochtones à leurs connaissances traditionnelles et à leurs ressources génétiques.
  • Veiller à ce que les agences de coopération au développement, les ministères concernés, les institutions de financement des exportations, etc., mettent en œuvre les mécanismes nécessaires pour vérifier la conformité de leurs activités - et de celles des organisations soutenues par des ressources publiques - avec les droits humains et le droit humanitaire. Cela peut passer par l'élaboration de listes de contrôle ou d'indicateurs, ou par la création de bases de données que les organisations publiques et privées peuvent consulter pour identifier les droits humains à risque, les zones à risque et les partenaires potentiels.

Obligations de l'État à l'égard des organisations privées

  • Réglementer les activités et les obligations en matière de droits humains des organisations privées actives sur son territoire et veiller au respect de ces obligations lorsque celles-ci ne sont pas respectées volontairement. Cet objectif peut être atteint en exigeant une diligence raisonnable en matière de droits humains et/ou des analyses d'impact avant d'accorder une licence, un label ou une incitation économique. Cette exigence peut être étendue aux chaînes de valeur de ces organisations.
  • Superviser et contrôler le respect par les organisations et les acteurs concernés, de leurs obligations en matière de droits humains.
  • Assurer l'accès à l'information et aux connaissances relatives aux mécanismes de respect des droits humains.
  • Respecter les intérêts des organisations, mais dans les limites fixées par les règles et normes internationales et nationales en matière de droits humains.
  • Évaluer les incidences des activités des organisations privées sur les communautés locales et garantir la participation des parties prenantes.
  • intervenir lorsque les activités d'organisations privées présentent un risque élevé de graves incidences négatives sur les droits humains, par exemple, en restreignant les biens et/ou services susceptibles de nuire aux consommateurs, en fixant un salaire minimum décent ou en interdisant la discrimination fondée sur le sexe, etc.
  • Promouvoir la mise en œuvre par les organisations, d'instruments de reporting incluant explicitement des informations sur les risques réels ou potentiels d'incidences négatives sur les droits humains, ainsi que sur la manière dont ces risques sont traités. Ces systèmes de déclaration devraient, à leur tour, être conformes à la réglementation en matière de protection des données.
  • Aider les organisations à mener des processus de consultation des parties prenantes, de diligence raisonnable et d'analyse d'impact lorsqu'elles opèrent dans des zones de conflit, et leur fournir des orientations renforcées aux sur leurs obligations et sur le risque de commettre des violations graves des droits humains.
  • Refuser et révoquer le soutien de l'État aux organisations impliquées dans des violations flagrantes des droits humains, et mettre en place des mécanismes de plainte pour recueillir les retours d'information des personnes effectivement ou potentiellement affectées.

Obligations de l'État vis-à-vis d'autres États

  • Soutenir les autres États afin qu'ils soient en mesure d'assurer le contrôle du respect des droits humains, et de veiller à ce que les organisations concernées ne soient pas impliquées dans des violations flagrantes des droits humains.
  • Exercer un effet de levier sur leurs propres organisations pour qu'elles se conforment aux règles et normes relatives aux droits humains dans les États hôtes. Cela peut inclure, par exemple, l'imposition d'obligations concrètes de vigilance aux organisations ayant leur siège sur leur territoire en ce qui concerne leurs propres chaînes de valeur; la promotion de la consultation des parties prenantes et la conclusion d'accords de coopération internationale pour éviter l'évasion fiscale ou les stratégies abusives en matière de prix de transfert.
  • Éviter la protection excessive du secret bancaire et les règles permissives en matière d'impôt sur les sociétés.

Cadre international

Droit, normes et principes internationaux contraignants et non contraignants en matière de droits humains

La norme internationale définissant ce que l'on attend des entreprises en matière de droits humains repose sur deux instruments clés: - les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'Homme (PDNU); et - les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises (Principes directeurs de l'OCDE).

the United Nations Guiding Principles on
Business and Human Rights (UNGPs)
the OECD Guidelines for Multinational Enterprises on Responsible Business Conduct (OECD Guidelines).

Il s'agit d'instruments dits de « droit mou » : ils ne créent pas d'obligations juridiquement contraignantes. Néanmoins, ils constituent des références reconnues au niveau international et ont bénéficié d'un soutien considérable, étant donné que de nombreux acteurs (gouvernements, entreprises, société civile, institutions européennes et autres acteurs à travers le monde) ont approuvé leurs principes et se sont engagés à les mettre en œuvre.

Il est important de noter que les PDNU et les Principes directeurs de l'OCDE ont également ouvert la voie à l'adoption de politiques nationales et européennes qui transforment les attentes en matière de diligence raisonnable en matière de droits humains et d'environnement en exigences juridiques (voir les sections consacrées aux cadres régionaux et nationaux).

Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme

Les Principes directeurs des Nations unies ont été élaborés[CB4] sous la direction du professeur John Ruggie et de son équipe, à l'issue de plusieurs années de consultations multipartites, et ont été approuvés à l'unanimité par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies en juin 2011. Ils reposent sur trois piliers qui définissent les rôles complémentaires - mais distincts - des États et des entreprises en matière de droits humains:

Pilier 1: Le devoir de l'État de protéger
Les États ont l'obligation, en vertu du droit international des droits humains, de protéger les droits fondamentaux des individus se trouvant sur leur territoire ou sous leur juridiction contre les atteintes aux droits humains causées par des tiers, y compris des entreprises. Ils s'acquittent de cette obligation au moyen de politiques, de lois, de règlementations et leur mise en œuvre.
Pilier 2: La responsabilité des entreprises de respecter
Les entreprises doivent prendre des mesures proactives pour éviter de porter atteinte aux droits des personnes, tant dans leurs propres activités que dans le cadre de leurs relations commerciales.
Pilier 3: L'accès aux voies de recours
Les États comme les entreprises doivent veiller à ce que les personnes dont les droits ont été bafoués puissent obtenir un recours effectif.

Pour les entreprises, y compris les entreprises belges, le pilier 2 est essentiel. La responsabilité de respecter les droits humains s'applique à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, et couvre leurs propres activités ainsi que leurs chaînes de valeur.

Les Principes directeurs offrent aux entreprises un cadre pratique pour s'acquitter de cette responsabilité au moyen de politiques et de processus adaptés à leur taille et à leurs circonstances, notamment:

1

«L'engagement politique de s'acquitter de leur responsabilité en matière de respect des droits des l'Homme.

2

«Une procédure de diligence raisonnable en matière de droits de l'Homme pour identifier leurs incidences sur les droits de l'Homme, prévenir ces incidences, et en atténuer les effets, et rendre compte de la manière dont elles y remédient ;»

3

«Des procédures permettant de remédier à toutes les incidences négatives sur les droits de l'Homme qu'elles peuvent avoir ou auxquelles elles contribuent»

À l'instar de la diligence raisonnable conventionnelle en droit des affaires ou en droit, la diligence raisonnable en matière de droits humains (DRDH) consiste à gérer les risques. La principale différence est que, tandis que la diligence raisonnable traditionnelle se concentre principalement sur les risques pour l'entreprise (financiers, juridiques, réputationnels), le DRDH se concentre sur les risques pour les personnes. Ce changement de perspective est ce qui la rend distinctive.

Il est important de noter que la DRDH représente également une norme de conduite; elle indique la manière dont une entreprise raisonnable est supposée se comporter dans un contexte donné. En d'autres termes, les entreprises ne sont pas évaluées sur la base de l'élimination totale des risques, mais sur leur capacité à démontrer qu'elles ont pris les mesures appropriées - proportionnées à leur taille, à leurs activités et à leur profil de risque - pour identifier, prévenir et traiter les atteintes aux droits humains. Ce sont la pertinence des mesures prises pour identifier et gérer les risques qui seront évaluées.

Fondamentalement, la responsabilité des entreprises de respecter les droits humains va au-delà de la simple conformité juridique: les entreprises devraient s'aligner sur les normes internationalement reconnues en matière de droits humains, même lorsque les gouvernements nationaux ne respectent pas leurs propres obligations.

Ressources utiles:

  • Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies (HCDH), Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme : mise en œuvre du cadre de référence « protéger, respecter et réparer des Nations Unies » (Nations unies, 2011)
  • HCDH, La responsabilité des entreprises de respecter les droits de l'homme: un guide interprétatif (Nations Unies 2012)

Quels droits de l'homme sont internationalement reconnus?

Les principes directeurs des Nations unies définissent les droits humains internationalement reconnus comme couvrant, au minimum, les droits énoncés dans deux sources clés:

  • la Charte internationale des droits de l'homme[CB7]; et
  • Déclaration[CB6] de l'Organisation internationale du travail (OIT) relative aux principes et droits fondamentaux au travail et son suivi[CB8].

La Charte internationale des droits de l'homme rassemble trois instruments historiques qui ont été ratifiés par la plupart des nations du monde:

  • Déclaration universelle des droits de l'homme[CB9] (DUDH, 1948): adoptée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle établit pour la première fois une norme commune de droits et libertés fondamentaux pour toutes et tous. Bien qu'elle ne soit pas juridiquement contraignante, elle est devenue le fondement et la référence du droit moderne des droits humains.
  • Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques[CB10] (PIDCP, 1966): garantit des droits civils et politiques essentiels tels que le droit à la vie, à la vie privée et à un procès équitable; la liberté d'expression, de religion et d'association; et la protection contre la torture, l'esclavage, la détention arbitraire et la discrimination. Les pays qui ratifient le PIDCP (comme la Belgique) sont légalement tenus de respecter ses dispositions et de soumettre des rapports réguliers au Comité des droits de l'homme des Nations Unies.
  • Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels[CB11] (PIDESC, 1966): protège des droits tels que des salaires équitables, des conditions de travail sûres et saines, la liberté d'association, le droit à l'éducation, le meilleur état de santé possible, un niveau de vie adéquat et la participation à la vie culturelle. Les États parties (comme la Belgique) doivent réaliser progressivement les droits énoncés dans le PIDESC. Le respect des ces dispositions est supervisé par le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies.

La déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée à l'origine en 1998 et révisée pour la dernière fois en 2022, fournit un cadre faisant autorité concernant les droits des travailleurs, un élément central des Principes directeurs des Nations Unies. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un traité, la Déclaration de l'OIT engage tous les États membres de l'OIT (y compris la Belgique) à respecter et à promouvoir les principes qu'elle énonce, qu'ils aient ou non ratifié les conventions connexes de l'OIT. Elle comprend cinq libertés fondamentales:

  • la liberté d'association et le droit à la négociation collective
  • l'élimination du travail forcé ou obligatoire
  • l'abolition du travail des enfants
  • l'élimination de la discrimination en matière d'emploi et de travail
  • un environnement de travail sûr et sain.

Ces droits sont précisés dans les huit conventions fondamentales de l'OIT.

Ressources utiles:

  • [CB12]C087 – Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948
  • [CB13]C098 – Convention sur le droit d'organisation et de négociation collective, 1949
  • [CB14]C029 – Convention sur le travail forcé, 1930
  • [CB15]C105 – Convention sur l'abolition du travail forcé, 1957
  • [CB16]C138 – Convention sur l'âge minimum, 1973
  • [CB17]C182 – Convention sur les pires formes de travail des enfants 1999
  • [CB18]C100 – Convention sur l'égalité de rémunération, 1951
  • [CB19]C111 – Convention concernant la discrimination (emploi et profession), 1958

Il est important de noter que les droits humains reconnus au niveau international vont au-delà de ce socle minimal. Il est attendu des entreprises qu'elles accordent une attention particulière aux groupes et aux individus susceptibles d'être particulièrement vulnérables aux impacts négatifs de leurs activités ou de leurs relations commerciales. Cela inclut les peuples autochtones, les femmes, les enfants, les personnes handicapées, les travailleurs migrants et les minorités ethniques ou religieuses. Plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits humains prévoient des protections spécifiques pour ces groupes.

Ressources utiles:

Traités juridiquement contraignants (une fois ratifiés)

  • Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (CIRD, 1965) – Ratifiée par la Belgique en 1975
  • La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW, 1979) - Ratifiée par la Belgique en 1985
  • La Convention relative aux droits de l'enfant (CRC, 1989) - Ratifiée par la Belgique en 1991
  • Convention de l'OIT sur les peuples indigènes et tribaux (no 169, 1989) – Non ratifiée par la Belgique
  • Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (ICMW, 1990) – Non ratifiée par la Belgique
  • Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH, 2006) – Ratifiée par la Belgique en 2009

Instrument non contraignant (soft law)

  • La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP, 2007)

Zones touchées par un conflit

Dans les zones affectées par un conflit, le droit international humanitaire (DIH) s'applique également. Tous les États membres de l'UE ont ratifié les principales conventions et protocoles relatifs au DIH, ce qui signifie que les organisations et les individus - y compris les entreprises et leurs représentants - doivent respecter le DIH.

Qu'est-ce que cela signifie pour les entreprises belges?

Il est attendu des entreprises belges qu'elles respectent les Principes directeurs des Nations Unies, notamment en intégrant la responsabilité des entreprises de respecter les droits humains dans leurs politiques et pratiques, afin de répondre aux attentes sociales et de maintenir leur licence sociale d'exploitation.

Les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises

Avec les principes directeurs des Nations unies, les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises[CB3] établissent la référence mondiale en matière de conduite responsable des entreprises et fournissent un cadre pratique permettant aux entreprises de s'acquitter de leur responsabilité en matière de respect des droits humains.

Les Principes directeurs de l'OCDE ont été introduits pour la première fois en 1976 en tant que recommandations adressées par les États membres de l'OCDE (dont la Belgique) et d'autres gouvernements adhérents aux entreprises sur la conduite responsable. Ils ont notamment été révisés en 2011 afin de les aligner sur les Principes directeurs des Nations Unies. Cette mise à jour a introduit le concept de diligence raisonnable en matière de droits humains et l'a étendu à d'autres domaines tels que la protection de l'environnement et le changement climatique.

La révision la plus récente a eu lieu en 2023 et a élargi les attentes à l'égard des entreprises en intégrant la diligence raisonnable dans des domaines tels que l'environnement, la biodiversité, la science, la technologie, la corruption et le lobbying.

Les Principes directeurs de l'OCDE sont soutenus par les Points de contact nationaux (PCN) de chaque pays adhérent. Ces instances nationales sensibilisent et promeuvent les Principes directeurs - notamment en fournissant des orientations aux entreprises - et offrent une plateforme de traitement des plaintes concernant des allégations de non-respect des Principes directeurs de l'OCDE. Ils peuvent également appuyer les efforts politiques des gouvernements visant à promouvoir une conduite responsable des entreprises. En Belgique, le PCN est hébergé par le Service public fédéral Économie (SPF Économie).

En outre, les Principes directeurs de l'OCDE sont complétés par des guides sectoriels et thématiques fournissant des orientations pratiques pour faciliter le déploiement opérationnel de ces attentes par les entreprises dans leurs activités quotidiennes.

Ressources utiles:

  • OCDE, Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises (2023)
  • OCDE, Guide de l'OCDE sur le devoir de diligence pour une conduite responsable des entreprises (2018).
  • Point de contact national (PCN) belge pour une conduite responsable des entreprises

Qu'est-ce que cela signifie pour les entreprises belges?

Il est attendu des entreprises belges qu'elles s'alignent sur les Principes directeurs de l'OCDE, notamment en intégrant une diligence raisonnable fondée sur les risques dans leurs activités et tout au long de leurs chaînes de valeur - à la fois en tant que bonne pratique et pour répondre aux attentes croissantes des régulateurs, des investisseurs et de la société civile.

Cadre régional

Normes et principes en Europe et dans l'Espace européen élargi

Les entreprises opérant en Europe sont de plus en plus appelées - et dans certains cas tenues - à respecter les droits humains non seulement dans leurs propres activités, mais aussi tout au long de leurs chaînes de valeur. Ces attentes reposent sur un ensemble croissant de cadres juridiquement contraignants élaborés par les institutions de l'Union européenne et le Conseil de l'Europe.

Ensemble, ces cadres façonnent un environnement juridique régional dans lequel le respect des droits humains n'est plus seulement une bonne pratique: il devient une attente à la fois juridique et sociétale.

Principales normes régionales relatives aux entreprises et aux droits humains

Pour les entreprises opérant dans l'UE, les normes régionales - aux côtés des droits humains internationalement reconnus - sont très pertinentes, car elles structurent l'environnement juridique dans lequel les entreprises évoluent. Parmi celles-ci figurent notamment:

  • La Convention européenne des droits de l'homme (CEDH)[CB31] (1950): traité du Conseil de l'Europe, juridiquement contraignant pour ses États membres (dont la Belgique). Elle garantit des droits civils et politiques essentiels (par exemple, le droit à la vie, la liberté d'association, la non-discrimination). Sa jurisprudence entraîne souvent des réformes juridiques au niveau national qui ont des implications pour les entreprises.
  • La Charte sociale européenne[CB32] (1961, révisée en 1996): traité du Conseil de l'Europe, juridiquement contraignant pour ses États membres (dont la Belgique). Elle protège des droits économiques et sociaux essentiels, tels que des conditions de travail équitables, la santé et la sécurité au travail, le droit à la sécurité sociale et la protection contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Son organe de suivi, le Comité européen des droits sociaux, évalue régulièrement la conformité des situations nationales des États parties avec la Charte, et ses conclusions influencent souvent les réformes nationales des politiques sociales et du travail, avec des implications directes pour les pratiques des entreprises.
  • La Charte des droits fondamentaux de l'UE[CB33] (2000): elle rassemble des droits civils, politiques, économiques et sociaux ainsi que des droits modernes tels que la protection de l'environnement, la protection des données et les droits des consommateurs. Elle est juridiquement contraignante pour les institutions de l'UE et les États membres. Les règlements et directives de l'UE (par ex. le RGPD en matière de protection des données) doivent respecter la Charte, ce qui crée en pratique des obligations directes pour les entreprises.
  • Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains[CB34] (2005): un traité juridiquement contraignant obligeant les États à prévenir la traite, à protéger les victimes et à poursuivre les auteurs. Elle couvre toutes les formes de traite, y compris à des fins d'exploitation par le travail, et met l'accent sur les droits des victimes et la diligence raisonnable des entreprises. Sa mise en œuvre peut avoir des implications sur les obligations des entreprises, notamment dans les secteurs à haut risque et leurs chaînes d'approvisionnement.
  • Le socle européen des droits sociaux[CB35] (2017): un énoncé des 20 principes clés visant à promouvoir une Europe plus juste et inclusive. Présenté avec le soutien des institutions européennes, il clarifie la structure et les objectifs du socle et guide les politiques européennes en matière sociale et de travail.
  • Le cadre européen en matière d'environnement[CB36]: un ensemble contraignant de directives et de règlements relatifs à la pollution, à la biodiversité, au climat et l'utilisation des ressources. Ces normes renforcent et complètent les obligations de diligence raisonnable prévues par la CSDDD, faisant de la protection de l'environnement un élément central de conformité pour les entreprises.
  • Le cadre européen en matière de droits sur le lieu de travail[CB37]: un ensemble de traités, directives et règlements juridiquement contraignants couvrant les libertés civiles, les droits des travailleurs et les protections sociales. Cela inclut des règles en matière de conditions de travail, d'égalité de traitement, de santé et sécurité, de protection des données et d'accès à la justice. Ensemble, ces normes soutiennent et renforcent le programme européen en matière de devoir de diligence et de durabilité, faisant du respect des droits fondamentaux une question essentielle de gouvernance et de conformité.
  • Le cadre de l'UE en matière de lutte contre la discrimination[CB38]: un ensemble exhaustif de directives contraignantes interdisant la discrimination fondée notamment sur la race, le sexe, la religion, le handicap, l'âge et l'orientation sexuelle. Elles comprennent des règles garantissant l'égalité de traitement en matière d'emploi, de travail et d'accès aux biens et aux services. Ensemble, elles font de la non-discrimination un enjeu juridique et de réputation majeur pour les entreprises.

Ces instruments constituent le socle de l'environnement juridique régional dans lequel les entreprises opèrent. Sur cette base, l'UE a récemment introduit des obligations plus spécifiques et juridiquement contraignantes, exigeant des entreprises qu'elles respectent les droits humains et l'environnement dans leurs propres activités ainsi que tout au long de leurs chaînes de valeur.

La directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité[CB39], adoptée en 2024, en est la pierre angulaire. Elle s'inscrit dans un cadre réglementaire plus large visant à renforcer la durabilité des entreprises et la conduite responsable dans l'ensemble de l'UE et au-delà.

Qu'est-ce que cela signifie pour les entreprises belges?

Pour les entreprises belges, cet ensemble croissant de normes et de législations régionales marque une transition d'engagements volontaires vers des obligations juridiquement contraignantes. En tant qu'État membre de l'UE et du Conseil de l'Europe, la Belgique est tenue de transposer ces normes dans son droit national, ce qui signifie que les entreprises opérant en Belgique y sont soumises.

Ce paysage juridique exige que les entreprises belges non seulement restent informées, mais intègrent activement le respect des droits humains et de l'environnement dans leurs politiques, leurs pratiques et dans l'ensemble de leurs chaînes de valeur.

La directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité

La CSDDD impose aux grandes entreprises l'obligation légale de mettre en œuvre une diligence raisonnable en matière de droits humains et d'environnement (HREDD) dans leurs propres activités ainsi que dans l'ensemble de leurs « chaînes d'activités ». Cela comprend:

  • Les partenaires commerciaux en amont – fournisseurs et autres partenaires participant à la production de biens ou à la prestation de services de l'entreprise;
  • certains partenaires commerciaux en aval – notamment ceux impliqués dans la distribution, le transport et le stockage des produits.

Quelles entreprises sont assujetties à la CSDDD?

La CSDDD s'applique:

  • aux grandes entreprises de l'UE employant plus de 1 000 personnes et réalisant un chiffre d'affaires mondial supérieur à 450 millions d'euros; et
  • aux entreprises de pays tiers réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 450 millions d'euros sur le marché de l'UE.

Impact sur les PME

Les petites et moyennes entreprises (PME) ne sont pas directement couvertes par la CSDDD, mais elles en ressentiront les effets indirectement. Les grandes entreprises exigeront de plus en plus de leurs fournisseurs qu'ils fournissent des informations et la mise en place de mesures de vigilance afin de satisfaire à leurs propres obligations.

Les PME qui souhaitent rester dans les chaînes d'activités des entreprises soumises à la CSDDD devront s'aligner sur ces attentes.

Quelles normes les entreprises doivent-elles respecter?

La CSDDD précise les normes en matière de droits humains et d'environnement auxquelles les entreprises doivent se conformer.

Droits humains (annexe I, partie I)

Les droits humains concernés sont basés sur les principaux instruments internationaux en matière de droits humains, notamment la Charte internationale des droits de l'homme et les conventions fondamentales de l'OIT. Les principales attentes sont notamment les suivantes:

  • Élimination du travail des enfants et du travail forcé
  • Des salaires justes et adéquats
  • Des conditions de travail sûres et saines.

Les normes environnementales (annexe I, partie II) s'appuient sur les principaux accords internationaux en matière d'environnement. Les entreprises doivent notamment veiller à:

  • La protection de la biodiversité
  • La prévention des pollutions importantes
  • Utilisation durable des ressources naturelles
  • Contribution à la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C, conformément à l'accord de Paris.

Mise en œuvre

La CSDDD établit deux mécanismes principaux de mise en œuvre:

  • Autorités de contrôle: chaque État membre doit désigner un régulateur habilité à demander des informations, enquêter sur les entreprises, traiter les plaintes, imposer des mesures correctives et à infliger des amendes.
  • Responsabilité civile: les entreprises peuvent être tenues pour responsables lorsqu'elles n'exercent pas la diligence requise et que cela entraîne un préjudice pour des personnes.

Le paquet Omnibus

Début 2025, la Commission européenne a proposé un «paquet Omnibus», visant à modifier la CSDDD ainsi que d'autres règlements de l'UE afin de stimuler la compétitivité et la prospérité à long terme.

Le 14 avril 2025, le Conseil de l'UE a approuvé la première partie - la directive dite «Stop the clock» - qui reporte les délais d'application et de transposition. Les États membres, dont la Belgique, doivent désormais transposer la CSDDD en droit national au plus tard le 26 juillet 2027, soit un an plus tard que prévu initialement.

La seconde partie du paquet, toujours en cours de négociation, pourrait introduire des modifications plus substantielles, notamment: limiter le champ d'application des entreprises concernées, réduire la fréquence des évaluations périodiques, augmenter les seuils de personnel et de chiffre d'affaires, introduire des «plafonds de la chaîne de valeur» qui limiteraient les demandes d'informations aux fournisseurs de PME, et même supprimer la disposition relative à la responsabilité civile.

La CSDDD est la pierre angulaire du cadre de durabilité de l'UE, autour duquel d'autres actes législatifs clés s'alignent et convergent.

Ressources utiles:

  • Commission européenne, directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD, 2024).[CB12]
  • Commission européenne, [CB42]Proposition Omnibus (2025).

Qu'est-ce que cela signifie pour les entreprises belges?

Pour les entreprises belges, le CSDDD introduit une obligation légale de mise en œuvre de la DRDH. Celles entrant dans le champ d'application devront revoir et, le cas échéant, adapter leurs structures, politiques et processus afin de garantir la conformité. Même les entreprises non directement soumises à la directive comme les PME belges, seront de plus en plus appelées à fournir des informations et à démontrer des pratiques responsables pour rester intégrées dans les chaînes de valeur de grandes entreprises. Alors que la Belgique se prépare à transposer la directive dans son droit national, les entreprises opérant dans le pays ont tout intérêt à commencer à s'aligner dès maintenant sur ces attentes, afin d'éviter les risques juridiques et réputationnels et de maintenir leur compétitivité sur le marché européen.

Le cadre plus large de l'UE

L'UE élabore actuellement un ensemble complet de règles visant à renforcer la durabilité des entreprises, qui comprend notamment:

  • Le règlement sur les minerais provenant de zones de conflit (CMR) (2017): oblige les importateurs européens d'étain, de tungstène, de tantale et d'or (3TG) en provenance de zones de conflit ou à haut risque à vérifier leurs chaînes d'approvisionnement et à exercer une diligence raisonnable afin d'éviter que leur commerce ne finance des conflits armés ou des violations des droits humains.
  • Le règlement sur la taxonomie de l'UE (2020): établit des critères de durabilité permettant de déterminer si une activité économique peut être considérée comme «durable sur le plan environnemental». Outre la « contribution substantielle » à un ou plusieurs objectifs environnementaux donnés – l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, l'utilisation durable et la protection des ressources aquatiques et marine, la transition vers une économie circulaire, la prévention et la réduction de la pollution et la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes - et de ne pas causer de « préjudice important » à aucun autre de ces objectifs, les activités doivent être menées conformément aux Principes directeurs de l'OCDE.
  • Directive sur la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD)[CB43] (2022): impose aux grandes entreprises de communiquer conformément aux normes européennes d'information en matière de durabilité (ESRS). Elles doivent divulguer leurs impacts réels et potentiels en matière de durabilité, les risques et opportunités financiers associés, ainsi que la manière dont ils sont gérés. Les ESRS incluent par ailleurs un reporting obligatoires sur les processus de diligence raisonnable, obligeant les entreprises à montrer comment elles identifient, préviennent et traitent les risques en matière de droits humains et d'environnement.
  • Le règlement de l'UE sur les produits exempts de déforestation[CB45] (EUDR) (2023): exige des entreprises qui commercialisent certains produits de base (tels que le bœuf, le cacao, le café, l'huile de palme, le caoutchouc, le soja et le bois) et des produits dérivés (cuir, le chocolat, meubles, etc.) sur le marché de l'UE qu'elles prouvent que ceux-ci ne sont pas liés à la déforestation ou à la dégradation des forêts. Les entreprises doivent retracer les chaînes d'approvisionnement jusqu'à la parcelle d'origine et fournir des déclarations de diligence raisonnable avant la mise sur le marché.
  • Le règlement de l'UE sur les batteries[CB46] (EUBR) (2023): impose des exigences de diligence raisonnable et de durabilité tout au long du cycle de vie des batteries (de l'approvisionnement en matières premières au recyclage) - couvrant des normes en matière de droits humains, d'environnement et d'économie circulaire. En juillet 2025, son entrée en vigueur a été retardée de deux ans jusqu'en août 2028 afin de laisser davantage de temps à l'industrie et aux organismes de vérification tiers pour s'y préparer.
  • Le règlement de l'UE sur le travail forcé[CB47] (EUFLR) (2024): interdit aux entreprises la mise sur le marché et l'exportation de produits fabriqués à l'aide du travail forcé, dans ou en dehors de l'Union européenne. Il entrera en vigueur le 14 décembre 2027 et s'appliquera à toutes les entreprises, quel que soit leur taille, secteur ou leur pays d'origine.

Ressources utiles:

  • Document [CB48]de réflexion sur le suivi des objectifs de développement durable des Nations Unies: Vers une Europe durable d'ici à 2030 (2019)
  • [CB49]Plan d'action de l'UE en faveur des droits de l'homme et de la démocratie 2020-2024 (2020)

Qu'est-ce que cela signifie pour les entreprises belges?

Plusieurs de ces instruments, tels que le règlement sur les minerais provenant de zones de conflit et la directive sur la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises, ont déjà été transposés en droit belge, créant des obligations de conformité immédiates pour les entreprises belges. D'autres, comme le règlement de l'UE sur les produits exempts de déforestation et le règlement sur le travail forcé, sont directement applicables et seront mis en œuvre sans nécessiter transposition nationale. En fonction de leur taille, de leur secteur et de leur place dans la chaîne de valeur, les entreprises peuvent être confrontées à des obligations légales directes ou être amenées à collaborer avec leurs partenaires commerciaux dans la mise en œuvre des obligations de diligence raisonnable de ces derniers. Cela implique de renforcer les systèmes internes, d'améliorer la traçabilité et de se préparer à démontrer comment les risques pour les droits humains et l'environnement sont identifiés, évalués et traités.

Cadres nationaux, y compris la Belgique

Évolutions réglementaires et obligations au niveau national

Au niveau national, un nombre croissant de pays ont adopté des lois obligatoires en matière de diligence raisonnable en droits humains en environnement.

Évolution de la situation en Belgique

La Belgique s'est engagée à respecter les accords internationaux relatifs aux droits humains mentionnés ci-dessus, y compris l'obligation de veiller à leur mise en œuvre effective par les lois nationales, les institutions étatiques et la coopération internationale.

Pour les entreprises opérant en Belgique, nombre de ces engagements internationaux sont déjà reflétés dans la législation nationale. La Constitution belge[CB58] garantit un large éventail de droits fondamentaux et interdit la discrimination. En outre, la Belgique dispose d'un cadre complet de lois couvrant les droits du travail, la santé et la sécurité au travail, l'égalité et la non-discrimination, la protection de l'environnement et les droits des consommateurs. Ces cadres constituent la base juridique de la responsabilité des entreprises dans leurs opérations commerciales nationales et internationales.

Plan d'action national belge pour les entreprises et les droits humains

Conformément aux Principes directeurs des Nations unies, la Belgique a adopté son premier Plan d'action national[CB54] « entreprises et droits humains » (PAN) en 2017. Celui-ci définissait des mesures visant notamment à promouvoir une conduite responsable des affaires, à améliorer l'accès aux voies de recours et à renforcer la cohérence des politiques publiques. Il a également conduit à la création d'outils destinés à aider les entreprises et les organisations à comprendre et intégrer les droits humains dans leurs pratiques, notamment:

  • Cette boîte à outils sur les droits humains[CB55], offrant des ressources pratiques pour soutenir les entreprises et leurs parties prenantes à s'acquitter de leurs responsabilités en matière de droits humains;
  • Une brochure « Accès au recours en Belgique »[CB56], présentant les principaux recours juridiques et non juridiques disponibles pour les victimes de violations des droits humains.

En 2024, la Belgique a publié son deuxième Plan d'action national (2024-2029). Ce nouveau plan s'appuie sur les enseignements tirés du premier et met davantage l'accent sur l'intégration du devoir de diligence en matière de droits humains dans les pratiques des entreprises, le soutien aux PME et l'alignement sur les évolutions européennes et internationales telles que la CSDDD. Il prévoit notamment des mesures pour améliorer la coordination des politiques, l'engagement des parties prenantes et l'accès aux voies de recours.

Évolution de la législation

La Belgique a également entrepris de renforcer son cadre juridique. En avril 2021, une proposition de loi visant à instaurer une obligation de diligence raisonnable en matière de droits humains pour les entreprises actives en Belgique a été introduite. Bien qu'elle n'ait pas été adoptée — dans l'attente de la finalisation de la CSDDD au niveau de l'UE —, elle a témoigné d'une dynamique forte en faveur de l'alignement des pratiques nationales sur les normes internationales et du renforcement de la responsabilité des entreprises.

En tant qu'État membre de l'UE, la Belgique devra désormais transposer la CSDDD d'ici juillet 2027. Cela introduira un devoir de diligence juridiquement contraignant pour les entreprises belges. Les entreprises concernées devront revoir et adapter leurs politiques, processus et structures de gouvernance en conséquence. Des mesures et orientations nationales supplémentaires sont attendues afin d'aider les entreprises à mettre en œuvre ces obligations dans la pratique.

Ressources utiles:

  • La Constitution belge (Traduction anglaise officielle, 2021)
  • Belgique: Lois et règlements sur le travail et l'emploi (ICLG, 2025)
  • Travail et droits de l'homme[CB59] – Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits de l'homme (Belgique)
  • Boîte à outils pour le travail décent - Agence belge de développement
  • Entreprises et droits de l'homme[CB61] – SPF Affaires étrangères (Belgique)
Évolution dans les pays européens

En Europe, les évolutions législatives pertinentes comprennent notamment:

  • Loi française sur le devoir de vigilance[CB50] (2017): s'applique aux très grandes entreprises françaises (plus de 5 000 salarié·e·s en France ou 10 000 dans le monde). Elle exige de ces entreprises qu'elles établissent, mettent en œuvre et publient un «plan de vigilance» comportant « les mesures de vigilance raisonnable propres à identifier les risques et à prévenir les atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l'environnement, résultant des activités de la société et de celles des sociétés qu'elle contrôle […], directement ou indirectement, ainsi que des activités des sous-traitants ou fournisseurs avec lesquels est entretenue une relation commerciale établie, lorsque ces activités sont rattachées à cette relation. »
  • Loi allemande sur les obligations de diligence des entreprises en matière de prévention des violations des droits de l'homme dans la chaîne d'approvisionnement[CB51] (LkSG, 2021): s'applique aux grandes entreprises allemandes (depuis 2024, celles comptant plus de 1 000 salarié·e·s)). Elle impose l'exercice d'une diligence raisonnable concernant les risques en matière de droits humains et certains risques environnementaux tant dans les propres activités des entreprises que dans celles de leurs fournisseurs directs et, dans certains cas, indirects si l'entreprise dispose de «connaissances étayées» de risques. Le BAFA (Office fédéral de l'économie et du contrôle des exportations) fait appliquer la loi, peut infliger des amendes importantes et exclure les entreprises non conformes des marchés publics. Mi-2025, le gouvernement allemand a envisagé une suspension temporaire de la loi en attendant le déploiement de la CSDDD.
  • Loi norvégienne sur la transparence (Åpenhetsloven, 2021): s'applique aux grandes ou moyennes entreprises (norvégiennes ou étrangères) offrant des biens ou des services en Norvège et dépassant au moins deux des seuils suivants (dépassant au moins deux des critères suivants: plus de 50 employé·e·s ; chiffre d'affaires annuel supérieur à 70 millions NOK ; ou total du bilan supérieur à 35 millions NOK). Elle impose une diligence raisonnable en matière de droits humains et de travail décent, la publication d'un rapport annuel et l'obligation de répondre aux demandes du public d'information.

En dehors de l'Europe, plusieurs pays - dont le Brésil, le Canada, la Colombie, le Mexique, la Corée du Sud et la Thaïlande, ou encore la Nouvelle-Zélande - envisagent également des lois similaires.

Ressources utiles:

  • Loi française sur le devoir de vigilance : LOI n° 2017-399 du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre (2017)
  • Loi allemande sur les obligations de diligence des entreprises en matière de prévention des violations des droits de l'homme dans la chaîne d'approvisionnement[CB51] (LkSG, traduction anglaise officielle, 2021)
  • Loi norvégienne relative à la transparence des entreprises et au travail sur les droits de l'homme fondamentaux et les conditions de travail décentes (loi sur la transparence, traduction anglaise, 2021)

Qu'est-ce que cela signifie pour les entreprises belges?

Le nombre croissant de lois nationales en matière de DRDH dans toute l'Europe - y compris chez des partenaires commerciaux clés tels que la France, l'Allemagne et la Norvège - reflète les attentes croissantes envers les entreprises quant à l'identification, la prévention et à la gestion des risques en matière de droits humains et d'environnement.

Pour les entreprises belges ayant des activités, des filiales ou des relations commerciales dans ces pays, cela peut devenir nécessaire de se conformer à des exigences juridiques étrangères ou d'adapter leurs pratiques afin de maintenir l'accès à des marchés ou à des partenariats essentiels.

L'État en tant qu'acteur économique

L'État en tant qu'acteur économique

En tant qu'acteur économique, l'État peut jouer un double rôle: d'une part la réglementation des activités économiques et, d'autre part, la mise en œuvre, le contrôle du respect et l'application de ce cadre juridique. Dans ce contexte, la Belgique doit se conformer à un cadre réglementaire à trois niveaux : lois et lignes directrices nationales, européennes et internationales.

Marchés publics durables

Les marchés publics durables visent à protéger le droit à un environnement sain, les droits sociaux et du travail, les droits de l'enfant, ainsi qu'à lutter contre les violations systémiques des droits humains telles que l'esclavage moderne.

Les marchés publics durables sont obligatoires dans l'UE et en Belgique et couvrent tous les pouvoirs adjudicateurs, qu'il s'agisse de l'État, des autorités régionales ou locales, des organismes et associations de droit public, de ceux qui fournissent des services et exercent des activités publics ou de ceux qui ont obtenu une concession correspondante et, dans certains cas, des activités de construction. La loi belge transpose le cadre de l'UE pour les marchés publics durables et définit les trois piliers des marchés publics durables comme suit: - la protection de l'environnement dans les services publics, - la protection de conditions de travail dignes et d'emplois verts, et - la promotion des règles de concurrence.

Les agents publics, les contractants et les parties prenantes devraient être informés et formés aux principes et objectifs du développement durable afin d'améliorer leur capacité organisationnelle. Ces principes et objectifs devraient également être diffusés tout au long des chaînes d'approvisionnement des organisations opérant en Belgique, qui, à leur tour, devraient contrôler et faire respecter la conformité.

Le droit belge renvoie explicitement au cadre international qui doit être pris en compte dans les marchés publics, notamment - entre autres - aux huit conventions fondamentales de l'OIT et d'autres conventions applicables qui protègent le droit à un environnement sain.

Mécanismes de mise en œuvre et d'évaluation des marchés publics durables

L'État a des obligations spécifiques liées à l'approvisionnement durable. Il peut également promouvoir des pratiques durables en matière de passation de marchés et mettre en œuvre des mécanismes objectifs d'évaluation. Les pouvoirs adjudicateurs ont l'obligation d'exclure les organisations qui ont manifestement violé des obligations environnementales ou sociales. Ces exigences peuvent également être intégrées dans les conditions d'exécution du marché et constituer un critère d'attribution. Ces cas sont explicitement mentionnés dans la loi:

  • lorsque le pouvoir adjudicateur a établi, après une inspection du travail ou de l'environnement, que les «prix ou les coûts anormalement bas» résultent du non-respect des normes dans les domaines du droit environnemental, social, et du travail. Cette obligation s'applique également aux sous-traitants.
  • lorsque l'organisation a fait l'objet d'une condamnation pénale définitive pour abus des règles sociales, du droit du travail ou du droit de l'environnement. Si l'abus n'est pas une infraction pénale, son exclusion est discrétionnaire.
  • lorsque l'organisation a été condamnée par un jugement définitif pour travail des enfants, traite des êtres humains ou emploi de ressortissants de pays tiers en situation irrégulière.

D'autres mécanismes qui favorisent des pratiques d'achat durables sont l'établissement de critères d'attribution ou de conditions d'exécution des marchés, tels que, entre autres, ceux qui exigent: des labels ou marques d'origine, les preuves de politiques et de procédures antidiscriminatoires, des indices de référence environnementaux, la mise en œuvre de processus de de diligence et de transparence dans les chaînes d'approvisionnement, les preuves de conformité, des rapports et un suivi du développement durable, des politiques, pratiques et procédures en matière de droits humains, ainsi qu'en matière de changement climatique, etc.

Lignes directrices et initiatives en matière de marchés publics durables

Plusieurs initiatives publiques et privées ont été mises en place aux niveaux international, européen et national pour orienter les pouvoirs adjudicateurs sur la mise en œuvre de pratiques durables, notamment: One Planet Network (partenariat multipartite adopté lors du Sommet mondial des Nations Unies sur le développement durable pour mettre en œuvre le Cadre décennal de programmes sur la consommation et la production durables, dont le Bureau belge de plaidoyer pour le commerce équitable est membre); le réseau Procura+ (qui soutient les pouvoirs publics dans la mise en œuvre des marchés publics durables et qui compte parmi ses membres le groupe bpost - premier opérateur postal belge -, les gouvernements de Flandre et de Wallonie ainsi que la ville de Gand); ICLEI - Gouvernements locaux pour la durabilité (réseau mondial de villes et de régions qui promeut le développement durable en mettant l'accent sur la population urbaine mondiale); Global Lead City Network on Sustainable Procurement (réseau de villes qui promeuvent la consommation et la production durables, l'utilisation efficace des ressources, les faibles émissions de carbone et la responsabilité sociale dans les processus d'approvisionnement, avec Gand comme membre); les Lignes directrices du PNUE pour l'évaluation du cycle de vie social des produits (2009); ISO 20400 sur les marchés publics durables; Acheter Social: Guide pour la prise en compte des considérations sociales dans les marchés publics (Commission européenne,2021; Acheter vert! - Manuel sur les marchés publics écologiques (Commission européenne, 3e édition, 2016); ainsi que le Guide des achats durables/Gids voor duurzame aankopen (site web du programme fédéral belge sur le développement durable destiné aux organisations qui participent aux procédures de passation des marchés publics).

Il existe également plusieurs initiatives notables au niveau des États et au niveau régional: Vizir 2030 de la Flandre (un cadre d'objectifs lié à Vision 2025); les «Praktijkgids over aankopen met een sociale impact»(guides destinés à aider les autorités locales et régionales à évaluer l'impact social des marchés publics et à mettre en évidence les avantages de la mise en œuvre de pratiques durables); la «Boîte à outils Sociaal Verantwoorde Werkkledij: Een gids voor publieke aankopers» (à l'intention des personnes impliquées dans l'achat de vêtements de travail pour les agences gouvernementales, les hôpitaux et la police) et le guide de la Wallonie à l'intention des pouvoirs publics de la région dans la mise en œuvre des pratiques en matière de marchés publics «Achats publics durables (Boite à outils)».

Outils utiles:

  • The One Planet Network
  • The Procura+ Network
  • ICLEI - Local Governments for Sustainability
  • The UNEP Guidelines for Social Life Cycle Assessment of Products (2009)
  • ISO 20400 on Sustainable Procurement
  • Buying Social: A Guide to Taking Account of Social Considerations in Public Procurement (European Commission, 2021)
  • Buying Green! - A Handbook on Green Public Procurement (European Commission, 3rd edition, 2016)
  • Guide des achats durables/Gids voor duurzame aankopen
  • Flanders' Vizier 2030
  • The "Praktijkgids over aankopen met sociale impact"
  • "Toolbox Sociaal Verantwoorde Werkkledij: Een gids voor publieke aankopers"
  • Guide "Achats publics durables (Boite à outils)."
Partenariat public-privé (PPP)

Les partenariats public-privé PPP sont des contrats de longue durée entre le secteur public et le secteur privé dans lesquels des ressources publiques sont investies pour financer des services d'intérêt général fournis par des organisations privées ou mixtes. Les PPP durables peuvent recourir aux mêmes mécanismes que les marchés publics: exigence de labels, systèmes de reporting, utilisation efficace des ressources, commerce équitable, interdiction des substances dangereuses, réduction des déchets et de la pollution, technologies propres, participation des PME et lutte contre la traite des êtres humains.

La législation de l'UE définit les services d'intérêt économique comme des activités considérées par les pouvoirs publics comme importantes pour les citoyens et nécessitant une intervention de l'État, telles que l'énergie, l'approvisionnement en eau, les réseaux de transport, les services postaux et les services sociaux. Un exemple important dans le domaine de l'efficacité énergétique est BELESCO, l'association belge des sociétés de services énergétiques (ESCO), qui rassemble les principaux acteurs de ce secteur pour promouvoir l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Lignes directrices dignes d'intérêt sur les PPP durables au niveau international: (boîte bleue)

  • Le Guide 2008 de la Commission économique des Nations unies pour l'Europe (CEE-ONU) sur la promotion de la bonne gouvernance dans les PPP vise à mettre en œuvre la bonne gouvernance des PPP en tant que prestataires de services publics
  • Les orientations de la Banque mondiale sur les cadres juridiques des PPP (2022) destinées aux gouvernements qui souhaitent inclure les partenariats public-privé dans leur boîte à outils pour la fourniture d'actifs et de services d'infrastructure.
  • Le Centre de ressources pour les partenariats public-privé, dirigé par le Département du financement des infrastructures (IFD), qui constitue la plateforme de la Banque mondiale pour les partenariats public-privé et joue un rôle central dans le partage des connaissances afin de stimuler le développement des infrastructures, promouvoir l'engagement du secteur privé et soutenir la création d'emplois.
  • Au niveau de l'UE, le Guide sur les services d'intérêt économique général (2017) et le cadre de qualité pour les services d'intérêt général (SIG) dans l'UE (2017) fournissent également des orientations dans ce domaine.
Privatisation

Il convient de souligner que les obligations des États en matière de droits humains dans le contexte des privatisations sont continues. Par exemple, le commentaire du principe 5 des Principes directeurs des Nations Unies précise que les obligations de l'État d'assurer un contrôle adéquat en matière de droits humains se poursuivent après la privatisation.

Entreprises publiques

Entreprises publiques

Les sociétés dont les actionnaires sont des entités publiques sont actives dans divers secteurs. En Belgique, la loi sur les marchés publics durables définit ces sociétés comme celles qui sont sous l'influence d'entités publiques en raison de leurs droits de propriété ou de leur participation financière. La présomption légale est que l'État exerce une influence dominante lorsqu'il détient la majorité du capital de la société, la majorité des voix attachées aux actions, ou lorsqu'il peut nommer plus de la moitié des membres du conseil d'administration ou des membres de la direction de la société. La Belgique compte différents types d'entreprises publiques, telles que:

  1. Les entreprises publiques autonomes (elles fournissent généralement des services publics ou sont des organismes publics de sécurité sociale et doivent conclure un contrat de gestion avec le gouvernement fédéral).
  2. Les entreprises publiques créées par des entités publiques régionales et locales, poursuivant divers objectifs à but lucratif ou non lucratif et opérant dans des secteurs tels que les transports, les services financiers ou publics, la gestion des ports et aéroports, les services audiovisuels publics, l'entretien urbain, le crédit social et le logement, l'enseignement supérieur et les activités culturelles.
  3. Les sociétés intercommunales ou accords de coopération entre communes (créés principalement pour développer des services publics tels que la distribution d'eau ou d'électricité, le logement social, etc.)
  4. Les sociétés de développement régional (créées par des régions infranationales pour développer des travaux d'infrastructure, tels que des parcs industriels ou scientifiques pour des entreprises privées).
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En Belgique, les entreprises publiques qui exercent des activités de service public sont soumises à un régime spécial défini par la loi et par le contrat de gestion afin de protéger les droits et les devoirs des usagers. En Flandre, les entreprises publiques exerçant des activités de service public sont considérées comme des institutions de service public (Vlaamse overheidsinstellingen, VOI). Elles concluent un accord de gestion ou du partenariat, et le non-respect de celui-ci permet à l'État d'imposer des sanctions (généralement sous forme de compensation).

L'OCDE a été l'un des principaux organismes de normalisation pour les entreprises publiques au moyen des lignes directrices concernant la gouvernance d'entreprise des entreprises publiques (ci-après les «lignes directrices») et d'autres instruments connexes tels que les Principes G20/OCDE de gouvernance d'entreprises et les Lignes directrices de l'OCDE – Anticorruption et intégrité dans les entreprises publiques. Le rapport 2024 de l'OCDE sur la propriété et la gouvernance des entreprises publiques (ci-après le «rapport 2024 de l'OCDE sur les entreprises publiques») fournit des informations sur la mise en œuvre des lignes directrices dans diverses juridictions et met en évidence les lacunes qui subsistent. Les lignes directrices proposent un cadre complet pour la gouvernance des entreprises publiques et visent à garantir que celles-ci fonctionnent de manière efficace, transparente et responsable. Elles ont été adoptées en 2005 et révisées pour la première fois en 2015. La dernière révision, en octobre 2024, reflète l'évolution des pratiques de gouvernance d'entreprise ainsi que d'autres normes et bonnes pratiques pertinentes pour le fonctionnement des entreprises publiques.

Le principe fondamental qui sous-tend les lignes directrices est que l'État doit agir comme un propriétaire informé, en assurant une gouvernance efficace tout en évitant toute ingérence politique dans les activités des entreprises publiques. De ce principe découlent d'autres dispositions clés ; regroupés autour de sept domaines essentiels: 1) le cadre juridique et réglementaire des entreprises publiques (y compris la définition de leurs mandats et responsabilités); (2) le maintien de conditions de concurrence équitables avec le secteur privé; (3) la professionnalisation des conseils d'administration (les conseils devraient compter des membres indépendants dotés des compétences nécessaires, nommés de manière transparente); (4) la transparence (assurée par la divulgation régulière d'informations financières et non financières); (5) le traitement équitable des actionnaires (protection des droits de l'ensemble des actionnaires, y compris minoritaires et étrangers, et mise en place de mécanismes de recours si nécessaire); (6) la définition d'objectifs clairs et un suivi de la performance (les gouvernements devraient fixer des objectifs explicites et suivre la performance des entreprises publiques au moyen de cibles, d'évaluations et de dispositifs incitatifs); (7) les relations avec les parties prenantes et la conduite responsable des entreprises (en soulignant que les entreprises publiques devraient dialoguer de manière responsable avec les parties prenantes et contribuer au développement durable).

Le changement le plus important apporté par la révision de 2024 est la création d'un chapitre distinct sur la durabilité. Le chapitre V des lignes directrices de 2015 intitulé «Relations avec les parties prenantes et entreprises responsables», a été remanié en l'actuelle section VII, intitulée «Entreprises publiques et durabilité». L'essence du chapitre VII est que le cadre de gouvernance d'entreprise devrait inciter les entreprises publiques à prendre des décisions et à gérer leurs risques de manière à contribuer à leur durabilité, à leur résilience et à la création de valeur à long terme. Dans ce contexte, les principaux messages du chapitre VII sont les suivants:

Pour les États:
  • Les États devraient fixer des attentes élevées à l'égard des entreprises publiques en matière de respect des normes de conduite responsable des entreprises (telles que les Principes de gouvernance d'entreprise du G20 et de l'OCDE, les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises, les Principes directeurs des Nations unies, la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, la Déclaration de principes tripartite de l'OIT concernant les entreprises multinationales et la politique sociale, le Pacte mondial et l'Agenda 2030), ainsi que mettre en place des mécanismes efficaces pour leur mise en œuvre (VII.D.). En outre, il convient de noter que de nombreuses entreprises publiques relèveront également du champ d'application de la directive de l'Union européenne sur la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises («CSRD») et de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité («CSDDD»).
  • Les États devraient pleinement reconnaître les responsabilités des entreprises publiques à l'égard des parties prenantes, telles qu'établies par la loi ou par des accords mutuels, et leur demander de rendre compte de leurs relations avec ces parties prenantes. Il convient de garantir un recours effectif en cas de violations de droits, à un coût raisonnable et sans retard excessif (VII.D.1.). Il convient également de développer et d'encourager un engagement significatif des parties prenantes pour faire progresser la durabilité et assurer une transition juste, en particulier de la part de personnes ou de groupes susceptibles d'être concernés par les activités d'une entreprise ou d'en être affectés (VII.D.2.)
  • Lorsque l'État a fixé des objectifs de durabilité, ceux-ci devraient être intégrés dans sa politique et ses pratiques d'actionnariat, en fixant des attentes concrètes et ambitieuses en matière de durabilité, en communiquant et en clarifiant ces attentes au moyen d'un dialogue régulier avec les conseils d'administration, et en évaluant, suivant et rendant compte régulièrement de l'alignement des entreprises publiques sur ces attentes et les performances en matière de durabilité (VII.A.).
Pour les entreprises publiques:
  • Les conseils d'administration des entreprises publiques devraient tenir dûment compte des risques et des opportunités en matière de durabilité dans l'exercice de leurs fonctions clés. À cet égard, les éléments suivants sont considérés comme essentiels pour assurer une gestion efficace de la durabilité au niveau de l'entreprise: l'examen par le conseil d'administration et l'orientation de l'élaboration, de la mise en œuvre et de la publication d'objectifs et de cibles significatifs en matière de durabilité, intégrés à la stratégie d'entreprise; l'intégration des considérations de durabilité dans les systèmes de gestion des risques et de contrôle interne, notamment au moyen d'un devoir de diligence fondé sur les risques et de l'intégration des enjeux de durabilité dans l'évaluation et le suivi des performances de la direction.
  • L'information et la publication en matière de durabilité devraient être alignées sur des normes de haute qualité reconnues au niveau international afin de faciliter la cohérence et la comparabilité des informations relatives à la durabilité entre les marchés, les juridictions et les entreprises (VII.C.1.).
  • Il conviendrait également d'envisager l'introduction progressive d'exigences relatives à des attestations d'assurance annuelles par un prestataire de services d'attestation indépendant, compétent et qualifié conformément à des normes reconnues au niveau international (VII.C.2.).

Outils utiles:

  • Guidelines on Corporate Governance of State-Owned Enterprises ('Guidelines')
  • G20/OECD Principles of Corporate Governance
  • OECD Guidelines on Anti-Corruption and Integrity in State-Owned Enterprises
  • The OECD report on the Ownership and Governance of State-Owned Enterprises 2024 ('OECD 2024 Report on SOEs')

Intervention de l'État

Intervention de l'État

Cette partie fait référence aux mécanismes d'intervention de l'État, tels que l'octroi d'incitations économiques à des organisations privées pour promouvoir des secteurs spécifiques, la promotion d'activités responsables ou encore le contrôle des incidences négatives réelles ou potentielles de ces activités. Dans ces situations, l'État devrait assurer une surveillance plus détaillée afin de veiller à ce que les bénéficiaires respectent le droit relatif aux droits humains.

Labels

Divers labels ont été lancés pour encourager les organisations à certifier leur conformité dans des domaines clés. Ces labels sont liés au respect des droits humains : ils visent à protéger des droits spécifiques tels que le droit à l'égalité et à la non-discrimination, les droits sociaux, les droits des consommateurs, le droit à la santé et le droit à un environnement sain. Les labels peuvent également être utilisés comme condition de participation à des procédures de marchés publics. Si des labels sont attribués à tort, l'autorité compétente doit prendre les mesures nécessaires pour remédier à la situation et identifier les dommages causés. La Belgique a introduit certains labels en lien avec le respect des droits humains, bien qu'aucune information ne soit disponible sur leur portée et leur efficacité. Par exemple, l'écolabel, décerné par la Direction de l'environnement du Service public fédéral (SPF) Santé, certifie que le détenteur du label commercialise des produits respectueux de l'environnement pour les consommateurs.

Lignes directrices sur les labels

Le système de management environnemental et d'audit (EMAS) a été mis en place par la Commission européenne au moyen du règlement EMAS spécifique afin d'aider les organisations à améliorer leurs performances environnementales, à économiser l'énergie et à optimiser l'utilisation des ressources. Le guide de l'utilisateur EMAS (2023) aide les utilisateurs à mettre en œuvre le règlement EMAS.

L'ONG Écoconso a publié la directive Les labels sous la loupe ! Guide de défrichage pour éco-consommateur. Ce guide aide les consommateurs à identifier les labels utilisés en Belgique et à comprendre si le détenteur du label respecte l'environnement, la santé humaine et le droit du travail dans la production des produits étiquetés, ou si le label est utilisé principalement à des fins de marketing.

Outils utiles:

  • Système de management environnemental et d'audit (EMAS)
  • Guide de l'utilisateur EMAS (2023)
  • Les labels sous la loupe ! Guide de défrichage pour éco-consommateur, ONG Écoconso
Analyses d'impact

Cet outil fait référence aux analyses d'impact réalisées par l'État pour évaluer les risques réels ou potentiels pour les droits humains des politiques publiques, les accords ou les activités économiques soutenus par des ressources publiques ou qui présentent un risque élevé pour la société, et pour informer les parties prenantes à cet égard.

Évaluations des incidences sur l'environnement (EIE)

Les EIE visent à examiner l'impact environnemental potentiel des activités à risque. Les États membres de l'UE doivent réaliser des EIE pour les activités susceptibles d'avoir un impact significatif sur l'environnement. Lorsqu'une organisation souhaite exercer ces activités, elle doit demander une autorisation environnementale aux autorités locales ou régionales. Les parties prenantes devraient avoir la possibilité de formuler des observations sur les résultats de l'EIE. La décision finale devrait être publique afin de permettre aux citoyens d'introduire un recours devant les tribunaux ou autres organes compétents. Des EIE transfrontalières devraient être réalisées lorsqu'une activité exercée en Belgique peut avoir une incidence négative sur l'environnement d'un autre pays. L'UE et la Belgique ont mis au point plusieurs outils pour guider les entités publiques dans la réalisation des EIE et des questions connexes.

Au niveau national, certains de ces outils incluent: Le Helpdesk REACH Belgique, créé pour mettre en œuvre le règlement REACH de l'UE relatif à l'enregistrement électronique, à l'évaluation et à l'autorisation des substances chimiques par les autorités belges compétentes, afin de protéger l'environnement et la santé humaine; le Burgemeesterconvenant du gouvernement flamand, qui soutient les autorités locales et provinciales dans la mise en œuvre des mesures de protection de l'environnement relevant de leurs compétences); le Navigator Wetgeving Leefmilieu, Natuur en Energie, un outil en ligne du gouvernement flamand qui fournit des informations sur la législation environnementale en vigueur et propose des outils concrets pour sa mise en œuvre; Credendo est un groupe d'assurance-crédit qui propose une gamme de produits couvrant les risques dans le monde entier.

Au niveau de l'UE, les trois documents d'orientation sur l'évaluation de l'impact environnemental des projets - relatifs au dépistage (screening) à la définition de la portée (scoping) et à l'élaboration du rapport d'évaluation des incidences sur l'environnement - sont pertinents, tout comme les exigences en matière d'analyse d'impact introduites par le RGPD. Les lignes directrices et la boîte à outils pour une meilleure réglementation contiennent des orientations sur les analyses d'impact, une liste de contrôle relative aux droits fondamentaux, ainsi que des indications sur des questions connexes telles que les conditions de travail, les incidences sur la santé, la protection des consommateurs, l'incidence territoriale et la consultation des parties prenantes.

Outils utiles:

  • Évaluations des incidences sur l'environnement de l'UE
  • REACH Belgique
  • Le Burgemeesterconvenant du gouvernement flamand soutient les autorités locales et provinciales dans la mise en œuvre des mesures de protection de l'environnement relevant de leur compétence
  • Le NaviTgateur Wetgeving Leefmilieu, Natuur en Energie: outil en ligne du gouvernement flamand qui donne des informations sur la loi environnementale en vigueur et fournit des outils concrets pour la mettre en œuvre
  • Credendo : groupe d'assurance-crédit qui propose une gamme de produits couvrant les risques à l'échelle mondiale
  • Évaluation de l'impact environnemental des projets: Orientations sur le dépistage (2017)
  • Évaluation de l'impact environnemental des projets: Orientations sur la portée (2017)
  • Évaluation de l'impact environnemental des projets: Orientations relatives à l'élaboration du rapport d'évaluation des incidences sur l'environnement (2017)
  • Les exigences en matière d'analyse d'impact introduites par le RGPD
  • Lignes directrices et la boîte à outils de l'UE pour une meilleure réglementation

Évaluation de l'impact des accords de commerce et d'investissement sur les droits humains

Au niveau international, les Principes directeurs des Nations Unies relatifs à l'évaluation de l'impact des accords de commerce et d'investissement sur les droits de l'homme fournissent aux États une feuille de route pour la négociation de ces accords et systématisent les procédures juridiques et politiques existantes pour les évaluer. Divers instruments visant à lutter contre la corruption sont également pertinents, notamment : la Convention pénale du Conseil de l'Europe sur la corruption, le Protocole additionnel à la Convention pénale sur la corruption, la Convention civile sur la corruption, la Recommandation CM/Rec(2017)2 du Comité des Ministres aux États membres sur la réglementation juridique des activités de lobbying dans le contexte de la prise de décision publique , la Convention de l'OCDE sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales et la Recommandation correspondante du Conseil de l'OCDE 2021.

Outils utiles:

  • Principes directeurs des Nations Unies relatifs à l'évaluation de l'impact de l'accord sur le commerce et l'investissement sur les droits de l'homme
  • la Convention pénale du Conseil de l' Europe sur corruption
  • le Protocole additionnel à la Convention pénale sur la corruption
  • la Convention civile sur la corruption
  • la Recommandation du Comité des ministres du Conseil de l' Europe sur la réglementation des activités de lobbying dans le cadre de la prise de décision publique
  • la Convention de l'OCDE sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales
  • la recommandation du Conseil de l'OCDE (2021) y afférente
Financement responsable

L'État doit également évaluer si les activités des organisations qu'il finance peuvent avoir des incidences négatives sur les droits humains. Si une incidence négative est causée, l'organisation concernée et l'organisme public de financement devraient prendre les mesures nécessaires pour garantir une réparation.

Au niveau de l'UE, les Principes des institutions européennes de financement du développement (EDFI) pour un financement responsable du développement durable, le plan d'action de la Commission européenne sur le financement de la croissance durable et le rapport final du Groupe d'experts de haut niveau sur la finance durable sont pertinents dans ce contexte.

Au niveau international, les Principes de l'Équateur, un cadre de gestion des risques, constituent l'un des principaux instruments non contraignants encadrant les activités financières.

L'ONG SOMO a également publié l'étude « Supervising the Environmental, Social and Governance Impact of Finance: How to reinforce the role of European national supervisory authorities?», qui analyse la manière dont les activités de financement peuvent contribuer à l'atténuation du changement climatique et à la réparation des incidences sociales négatives.

Au niveau national, certains organismes financiers publics ont mis en place des mécanismes de financement responsables, notamment: BIO, la société publique d'investissement belge pour les pays en développement; Le Centre du commerce pour le développement (CDC), un programme d'Enabel, l'agence belge de développement, qui promeut le commerce équitable et durable en finançant des projets et en sensibilisant le public belge à la consommation de produits équitables et durables en provenance des pays en développement.

Outils utiles:

  • les Principes des institutions européennes de financement du développement (EDFI) pour un financement responsable du développement durable
  • le plan d'action de la Commission européenne sur le financement de la croissance durable
  • le rapport final du Groupe d' experts de haut niveau sur la finance durable
  • les Principes Équateur
  • « Supervising the Environmental, Social and Governance Impact of Finance: How to reinforce the role of European national supervisory authorities ,étude de SOMO
  • BIO, la société publique d'investissement belge pour les pays en développement
  • Le Centre du commerce pour le développement (CDC)

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